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Après le pétrole, le fret : la nouvelle menace qui plane sur les prix en Tunisie

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Par Imen Nouira

    Après le pétrole, le fret ? Alors que les tensions sur les marchés énergétiques font déjà planer le risque d’un renchérissement de la facture énergétique, l’Association nationale des petites et moyennes entreprises (ANPME) met en garde contre un autre effet susceptible de toucher directement les économies importatrices comme la Tunisie : une hausse du coût du transport maritime provoquée par les tensions sur l’approvisionnement en carburant des navires.

    Dans un communiqué publié lundi 7 septembre 2026, l’ANPME alerte sur les perturbations liées à la guerre et à la circulation des pétroliers, qui exercent des pressions sur le marché des produits pétroliers raffinés. Une situation qui pourrait, selon elle, dépasser largement la seule question du prix du baril pour se transmettre au fret, aux importations puis, en bout de chaîne, aux prix payés par les consommateurs.

    Des tensions sur le carburant des navires

    Selon l’association, une nouvelle source de tension se profile sur les marchés énergétiques. Elle ne concerne plus uniquement le pétrole brut, mais également le carburant destiné aux navires et, plus largement, certains produits pétroliers raffinés.

    L’ANPME explique que, sous l’effet des perturbations provoquées par la guerre et des difficultés affectant la circulation des pétroliers, les raffineries tendent à privilégier la production de diesel et d’autres produits plus rentables, au détriment du fioul utilisé notamment pour la propulsion des navires et dans certaines centrales électriques.

    Ce déplacement de la production exercerait une pression supplémentaire sur le marché des carburants maritimes au moment même où les approvisionnements diminuent et où la navigation à travers certains passages stratégiques est fortement perturbée.

    Le problème ne resterait donc pas cantonné aux marchés pétroliers. Pour l’ANPME, une hausse du prix du carburant maritime pourrait rapidement se répercuter sur les coûts du transport et du fret international. Conteneurs, matières premières, céréales et produits alimentaires voyagent par mer avant d’arriver dans les usines, les commerces et, finalement, dans le panier du consommateur.

    De la cale du navire au portefeuille du consommateur

    C’est cet effet de transmission que redoute l’association. L’ANPME évoque le risque de voir se constituer une crise combinant tensions sur les approvisionnements et hausse des coûts du transport maritime, susceptible de remettre les pressions inflationnistes au premier plan si les perturbations de la navigation dans la région perdurent.

    Ces inquiétudes interviennent, souligne-t-elle, alors que les craintes concernant les approvisionnements pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz se renforcent.

    Pour la Tunisie, économie importatrice, l’enjeu est particulièrement sensible. L’ANPME estime qu’une hausse simultanée des prix de l’énergie et du fret pourrait se traduire par une facture d’importation plus lourde et des coûts de production plus élevés. Des surcoûts qui risqueraient ensuite d’exercer de nouvelles pressions sur les prix et, par ricochet, sur le pouvoir d’achat.

    Le risque décrit par l’ANPME tient donc à un mécanisme aussi simple que redoutable : payer plus cher les marchandises importées, mais également payer davantage pour les faire parvenir jusqu’aux ports tunisiens.

    Comme le résume l’association, la menace ne réside plus seulement dans l’augmentation du prix du baril : « le prochain risque pourrait être non seulement la hausse de son prix… mais également celle du coût de son transport ».

    I.N.

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