La campagne « Contre la criminalisation du travail civil » relaie l’appel à la mobilisation lancé par le Syndicat national des journalistes tunisiens, prévue mardi 8 septembre 2026, en soutien au journaliste Mohamed Yousfi, actuellement en détention. Le rassemblement est prévu à partir de 11 heures devant le pôle judiciaire financier, avenue Mohamed-V à Tunis.
Réunis au siège de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, les membres de la campagne ont appelé les composantes de la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains ainsi que les citoyens à participer à cette mobilisation, organisée à l’initiative du SNJT.
Dans un message diffusé à cette occasion et relayé par le président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, Bassem Trifi, la campagne a appelé à une « mobilisation dense » en soutien au journaliste, « arrêté malgré son état de santé ». Elle a affirmé que le rassemblement se tiendrait « avec Mohamed Yousfi et avec nous-mêmes, pour la liberté de la presse et le droit de la société à une information indépendante, et pour le droit de toute voix libre à s’exprimer, s’organiser et exercer un travail civil sans crainte de la prison, des poursuites ou de la diffamation ».
« Défendre la liberté de la presse »
Dans leur appel, les signataires affirment vouloir se mobiliser aux côtés de Mohamed Yousfi et du média Alqatiba, pour défendre, selon leurs termes, « la liberté de la presse et le droit de la société à une information indépendante ».
Ils mettent également en avant le droit à la liberté d’expression, d’organisation et d’exercice de l’activité civile, tout en insistant sur la situation de santé du journaliste détenu.
Ils ont par ailleurs dénoncé « une trajectoire politique aux contours clairs, qui vise à criminaliser le travail journalistique et le travail civil indépendant, et à transformer la justice en outil de gestion politique et de réduction au silence des voix qui refusent de se taire ». Ils ont décrit Mohamed Yousfi comme l’une des voix de la société tunisienne, contribuant, aux côtés de ses collègues de la plateforme Alqatiba, à « un média engagé en faveur du droit des Tunisiens à vivre dans la dignité, de la reddition de comptes politique, du droit à la vérité, et de la critique des politiques publiques ».
La justice au cœur des critiques
La campagne estime que l’affaire Mohamed Yousfi s’inscrit dans un contexte plus large de pression sur les journalistes et les acteurs de la société civile. Elle dénonce ce qu’elle considère comme un processus visant à « criminaliser le travail journalistique et civil indépendant ».
Les signataires critiquent également le recours à des accusations à caractère financier contre des acteurs du paysage médiatique et associatif. Ils accusent, dans ce contexte, le pouvoir de chercher à discréditer les voix critiques et à détourner l’attention des difficultés auxquelles le pays est confronté.
Dans son message, Bassem Trifi a dénoncé un discours du pouvoir qui « tente de stigmatiser toutes les voix libres, de les discréditer et de leur ôter leur légitimité militante à travers des affaires financières sans fondement », transformant ainsi les défenseurs de la liberté d’expression et du travail civil et journalistique en accusés, une manœuvre qu’il présente comme un moyen de détourner l’attention des crises et des échecs du pouvoir.
Rendez-vous mardi à 11 heures
La mobilisation annoncée intervient alors que le dossier de Mohamed Yousfi continue de susciter des réactions dans les milieux journalistiques et de défense des droits humains.
Le président de la LTDH a conclu son appel en affirmant que les manifestants seraient « dans la rue, d’une seule voix, aux côtés de Mohamed Yousfi et de tous les opprimés et poursuivis, pour la défense d’une justice indépendante, d’une presse libre, d’une société civile indépendante et d’institutions politiques soumises à la reddition de comptes », ajoutant que « les politiques de stigmatisation et d’intimidation ne nous effraieront pas, et les procès et poursuites ne nous détourneront pas de la poursuite de nos luttes ».
S.H












