Une publication largement relayée sur les réseaux sociaux affirme qu’un obscur « observatoire américain » aurait lancé une alerte concernant la Tunisie, annonçant de « très fortes pluies en quelques heures » et des risques d’inondations dans le Grand Tunis ainsi que dans plusieurs régions côtières, entre le 11 et le 14 septembre 2026.
La publication se termine par une formule rassurante en apparence mais le contenu de son message est particulièrement alarmiste. Un élément essentiel manque pourtant : l’identité de l’organisme présenté comme étant à l’origine de cette prétendue alerte.


Tout d’abord une prévision météorologique n’est pas un fait établi, c’est une projection scientifique construite à partir de modèles numériques, d’observations et de différents scénarios atmosphériques. Elle évolue donc au fur et à mesure que l’échéance approche.
Ce que l’on peut fact-checker, en revanche, c’est l’affirmation selon laquelle un organisme précis a publié une alerte précise à une date donnée, ainsi que la manière dont cette information est présentée au public.
Dans le cas présent, la question n’est donc pas seulement de savoir s’il pourrait pleuvoir en Tunisie entre le 11 et le 14 septembre. La question est surtout de savoir si un « observatoire américain » a effectivement publié l’alerte décrite dans la publication.
Nos recherches ne permettent pas d’identifier, à ce stade, un organisme météorologique américain correspondant à cette appellation et ayant publié une alerte officielle concernant la Tunisie pour la période du 11 au 14 septembre.
Aux États-Unis, le principal dispositif public de prévision météorologique relève notamment de la NOAA et de ses différentes composantes. Le Weather Prediction Center (WPC), par exemple, publie des produits de prévision des précipitations et des risques de pluies importantes.
Le WPC présente des prévisions de précipitations et des perspectives de pluies selon des échéances déterminées. Il s’agit de produits météorologiques destinés à la prévision, et non d’une alerte officielle émise par les États-Unis à destination des autorités ou de la population tunisienne. Mais le modèle américain GFS n’est pas un « observatoire »
Une autre confusion est également possible. Certains sites météorologiques mettent à disposition les données du modèle américain GFS (Global Forecast System). Celui-ci est effectivement développé et exploité par les autorités météorologiques américaines et produit des simulations pour l’ensemble du globe.
Mais un modèle météorologique n’est pas un organisme qui « lance une alerte ». Le GFS fournit des scénarios numériques de l’évolution de l’atmosphère. Ces données peuvent ensuite être visualisées sur différents sites spécialisés. Le site précise lui-même que les modèles mondiaux peuvent fournir des prévisions jusqu’à environ deux semaines, mais que leur fiabilité diminue avec l’éloignement dans le temps.
Autrement dit, voir une carte issue du modèle américain GFS ne signifie pas qu’un « observatoire américain » a lancé une alerte concernant la Tunisie. Les modèles météorologiques consultables montrent bien qu’une évolution du temps est envisageable autour du 11 septembre et dans les jours suivants. Certaines projections font apparaître des précipitations sur différentes régions tunisiennes. Mais il existe une différence majeure entre un scénario de modèle et une prévision officielle annonçant des inondations généralisées.
Les données disponibles sur les cartes de modèles doivent être interprétées avec prudence, notamment lorsque l’échéance dépasse quelques jours. Weather.us rappelle d’ailleurs que les modèles numériques sont des simulations de l’état futur de l’atmosphère et que leur précision diminue à mesure que l’on s’éloigne dans le temps. Les ensembles météorologiques servent précisément à mesurer cette incertitude en confrontant plusieurs scénarios possibles.
La référence officielle pour la situation météorologique en Tunisie reste l’Institut national de la météorologie (INM). Sur son site, l’INM publie notamment une carte de vigilance ainsi que les bulletins météorologiques spéciaux (BMS), lorsqu’un phénomène météorologique dangereux nécessite une attention particulière.
Au moment de notre vérification, les informations disponibles sur le site officiel de l’INM ne corroborent pas l’existence d’une alerte correspondant à celle décrite dans la publication virale.
L’Institut national de la météorologie (INM) a publié une carte faisant état d’une situation météorologique marquée par des cellules orageuses locales accompagnées de pluies dans plusieurs régions.
Selon le bulletin, ces perturbations pourront également s’accompagner de vents assez forts à forts, dépassant 70 km/h sous les orages.
L’INM ne fait toutefois pas état, dans ce bulletin, d’une vigilance particulière ni d’une alerte généralisée concernant des risques d’inondations touchant le Grand Tunis ou l’ensemble des régions côtières.

Cela ne signifie évidemment pas qu’un changement météorologique ne puisse intervenir par la suite. Les prévisions évoluent et doivent être actualisées quotidiennement.
R.A.













Commentaire
Roberto Di Camerino
Pour l’amour de vos lecteurs et par respect pour votre journal, cessez de publier cette rubrique BNCheck. Je la trouve particulièrement stupide, puérile et surtout dépourvue de tout intérêt informatif.
Vous allez chercher sur les réseaux sociaux des publications insignifiantes pour ensuite les « checker », alors que leurs auteurs sont, dans la plupart des cas, des personnes sans véritable importance et dont les propos ne présentent aucun intérêt pour vos lecteurs.
Votre journal mérite mieux que de transformer des banalités publiées sur Facebook en pseudo-information. Il serait plus utile de consacrer cet espace à des sujets sérieux, à de véritables enquêtes et à des analyses qui apportent quelque chose au débat public.