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L’épouse de Mohamed Yousfi empêchée de visiter son mari, le SNJT dénonce un harcèlement contre la famille 

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Par Nadya Jennene

    Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé, mercredi 9 septembre 2026, ce qu’il a qualifié de « harcèlement » visant le journaliste Mohamed Yousfi et sa famille, après le refus opposé à son épouse de faire valider un permis de visite délivré par le juge d’instruction chargé de l’affaire.

    Selon le SNJT, la direction de la prison civile de la Mornaguia avait refusé le document présenté par l’épouse du journaliste. Elle a également été empêchée de le visiter à l’hôpital où Mohamed Yousfi est actuellement hospitalisé, alors qu’elle souhaitait notamment lui apporter ses vêtements, ses médicaments, de la nourriture ainsi que d’autres effets nécessaires à son quotidien.

    Le syndicat a noté que ce refus était dépourvu de fondement légal, rappelant que des proches de personnes placées dans des situations similaires ont déjà pu obtenir des autorisations de visite dans les établissements hospitaliers, après accomplissement des formalités requises.

    Pour le SNJT, les restrictions imposées au journaliste ne sauraient s’étendre aux droits fondamentaux dont il continue de bénéficier en tant que personne détenue. « Le mandat de dépôt n’est qu’une privation de liberté, et non une privation des droits humains », a soutenu le syndicat, qui dénonce une situation portant, selon lui, atteinte au minimum de dignité auquel Mohamed Yousfi et sa famille peuvent prétendre.

    Le SNJT a appelé le direction générale des prisons à mettre immédiatement fin à ces pratiques qu’il juge « illégales, contraires à l’éthique et inhumaines », exigeant que l’épouse du journaliste soit autorisée à se rendre auprès de son mari à l’hôpital.

    Le syndicat a par ailleurs exhorté le juge d’instruction chargé du dossier à ordonner la libération immédiate de Mohamed Yousfi et mettre fin aux poursuites engagées contre lui, estimant que l’affaire est liée à l’exercice de son activité journalistique et à la liberté d’expression.

    Le rédacteur en chef d’Al Qatiba a été interpellé le 4 septembre à l’entrée des studios d’Express FM, à Tunis, alors qu’il devait intervenir dans une émission consacrée à la crise de l’eau.

    Il avait ensuite été conduit à la troisième brigade centrale de recherche des crimes financiers complexes de la Garde nationale, à l’Aouina, avant d’être placé en garde à vue le 5 septembre. La mesure avait été prolongée de 48 heures le 7 septembre.

    L’enquête porte sur des accusations de constitution d’une entente en vue de porter atteinte aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. La procédure aurait été déclenchée à partir d’une publication Facebook d’un tiers évoquant un journaliste travaillant pour des « agendas étrangers », sans citer nommément Mohamed Yousfi.

    Le journaliste a subi une intervention chirurgicale durant sa détention et a été hospitalisé, peu après son arrestation. 

    N.J

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