Le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie s’est réuni lundi 7 septembre 2026 à la Maison de l’avocat, à Tunis, sous la présidence du bâtonnier Boubaker Bethabet. Au terme de ses travaux, le Conseil a adopté plusieurs positions concernant la situation des tribunaux, les affaires judiciaires suivies par l’opinion publique, la liberté de la presse ainsi que la situation de la profession.
Le Conseil a d’abord dressé un état des lieux de la situation des structures professionnelles et des avocats, estimant que la nouvelle année judiciaire s’ouvre dans un contexte difficile pour les tribunaux et la justice, sur fond de difficultés générales persistantes.
Dans ce cadre, l’Ordre a rappelé les contacts établis avec l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), qui ont abouti à la mise en place d’un cadre de coordination. Le Conseil a souligné l’importance du dialogue et estimé que la dimension militante et syndicale revêt une importance particulière au cours de cette période.
L’Ordre interpelle sur les procès très suivis
Le Conseil s’est également dit surpris par la programmation de procès pénaux d’une grande importance et particulièrement suivis par l’opinion publique, notamment les affaires de « complot contre la sûreté de l’État », au cours des audiences des chambres estivales.
Il a également dénoncé la composition de certaines chambres en vertu de notes administratives, ainsi que le rejet de demandes de report formulées par les avocats de la défense afin de prendre connaissance des réquisitions du ministère public et de préparer leurs moyens de défense.
Le Conseil a, dans ce contexte, renouvelé sa solidarité et son soutien aux détenus d’opinion ainsi qu’aux avocats actuellement incarcérés.
Par ailleurs, l’Ordre a renouvelé son soutien à la presse professionnelle et libre et affirmé sa solidarité avec les journalistes dans leurs démarches visant à exercer leur métier « en toute liberté et indépendance ».
Il a également dénoncé ce qu’il considère comme un recours à la justice dans des dossiers infondés, ainsi que la diffusion d’un climat de peur parmi les journalistes à travers des arrestations destinées, selon lui, à les dissuader d’exercer leur mission de transmission libre de l’information et de l’opinion.
L’Ordre dénonce les campagnes contre les avocats
Le Conseil a par ailleurs rejeté les campagnes d’incitation visant les avocates et les avocats et dénoncé les atteintes portées, selon lui, à l’image de la profession par certaines personnes, parties et « cercles ».
Il a appelé les avocats à continuer d’exercer leur mission de défense du droit et à se conformer aux lois, « sans peur », réaffirmant sa détermination à défendre la profession, ses acquis et ses membres.
Sur un autre volet, le Conseil s’est penché sur les conditions de travail dans les différentes régions et sur le rôle des sections régionales dans l’amélioration des conditions d’exercice de la profession. Il a notamment appelé à renforcer le dialogue entre les avocats et les responsables judiciaires dans les tribunaux et à coordonner les revendications avec les acteurs de la société civile.
Une assemblée générale extraordinaire pour la caisse de retraite
La situation jugée difficile de la Caisse de prévoyance et de retraite des avocats a également été au cœur des discussions. Le bâtonnier Boubaker Bethabet a proposé de consacrer une assemblée générale extraordinaire aux réformes nécessaires de la caisse, ainsi qu’aux mesures visant à développer le règlement intérieur et les institutions de la profession.
Le Conseil a soutenu cette proposition. Une invitation aux avocates et aux avocats doit être adressée prochainement, une fois les préparatifs nécessaires achevés.
L’Ordre a également annoncé la tenue d’une conférence des sections régionales au début du mois d’octobre 2026.
Enfin, le Conseil a examiné plusieurs demandes de départ à la retraite et de pensions. Il a notamment décidé d’accorder le statut honorifique à l’avocat auprès de la Cour de cassation Mohamed Mokhtar Trifi, à la suite de sa mise à la retraite, saluant une carrière professionnelle, militante et en matière de défense des droits jugée remarquable.
S.H












