Les fortes précipitations enregistrées jeudi 10 septembre dans plusieurs régions de la Tunisie ont donné lieu à des cumuls particulièrement importants, selon les relevés de l’Institut national de la météorologie (INM). Le bilan fait apparaître des quantités dépassant localement 70 mm, avec un maximum de 72 mm au barrage de Bir Mcherga, dans le gouvernorat de Zaghouan.
Ben Arous a enregistré 65 mm. Les stations d’El Fahs et de Medjez el-Bab ont relevé chacune 60 mm, suivies de Enfidha avec 55 mm. Tunis a atteint 48 mm, El Alia 45 mm et Menzel Bouzelfa 35 mm. Des précipitations significatives ont également été enregistrées à Nabeul, Manouba et Siliana.
Ces chiffres donnent une idée de l’intensité des épisodes pluvieux qui ont touché le pays. À Tunis, les cumuls ont d’ailleurs dépassé 60 mm en peu de temps, entraînant des interventions de la Protection civile, notamment à Bab Alioua, où des véhicules se sont retrouvés bloqués par les eaux.
L’épisode est loin d’être isolé. L’INM prévoit la persistance de conditions favorables à des pluies parfois abondantes, notamment dans le Nord et le Centre, avec des épisodes orageux pouvant s’accompagner de grêle et de fortes rafales. Les perturbations devraient se prolonger jusqu’au week-end avant une amélioration progressive attendue à partir de lundi.
Au-delà du seul épisode pluvieux, ces intempéries invitent à regarder plus largement l’évolution du climat tunisien. Le réchauffement climatique ne signifie pas uniquement davantage de chaleur et moins de pluie : il peut également favoriser une plus grande irrégularité du régime des précipitations et accentuer certains épisodes extrêmes, avec de longues périodes sèches entrecoupées de pluies très intenses sur de courtes durées.
Autrement dit, la question n’est plus seulement de savoir combien il a plu, mais comment les villes, les infrastructures hydrauliques et les systèmes d’alerte sont préparés à absorber des épisodes météorologiques dont la brutalité et l’irrégularité pourraient devenir plus fréquentes. Les trombes d’eau qui succèdent aux longues séquences de chaleur constituent désormais un défi climatique autant qu’un problème d’aménagement et de gestion des risques.
N.J











