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À Nabeul, la pluie révèle le vrai visage de nos déchets

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Par Raouf Ben Hédi

    La pluie est tombée, l’eau s’est retirée et elle a laissé derrière elle un drôle de « cadeau » sur le sable de Nabeul.

    Au lendemain des fortes précipitations enregistrées jeudi 10 septembre 2026, certaines portions de la plage de Nabeul offrent un spectacle qui tranche brutalement avec les images de sable fin et d’eau turquoise qui ont rythmé tout l’été. Bouteilles en plastique, emballages, morceaux de bois, détritus en tous genres, boîtes de conserve et même des boîtes de tomates se sont retrouvés éparpillés sur le rivage, parfois entassés en véritables amas.

    Les photos prises sur place se passent presque de commentaires.

    Des oueds transformés en couloirs à déchets

    Le scénario n’a malheureusement rien d’inédit. À chaque épisode de fortes pluies survenant après les mois d’été, le même phénomène réapparaît. Les eaux gonflent, dévalent les cours d’eau et les oueds, emportant avec elles tout ce qui s’y trouve. Et lorsque ces eaux atteignent la mer, les déchets arrivent avec elles.

    Ce qui finit sur la plage ne vient donc pas nécessairement de la mer. Une partie raconte plutôt ce qui se passe en amont, déchets abandonnés au bord des routes, dans les terrains vagues, aux abords des oueds ou directement dans leurs lits. Une bouteille jetée négligemment quelque part peut ainsi finir quelques jours ou quelques heures plus tard sur le sable, au pied des baigneurs.

    Après des semaines durant lesquelles les plages ont accueilli habitants et visiteurs, le littoral se retrouve confronté à une accumulation de déchets que les premières pluies ont déplacés et concentrés.

    Le même problème, année après année

    À Nabeul, des habitants dénoncent régulièrement cette situation. Ils pointent du doigt un problème devenu presque cyclique. Les déchets s’accumulent, les pluies les emportent, la plage les récupèr puis les opérations de nettoyage peinent à réparer les dégâts.

    Mais nettoyer la plage ne suffit pas à régler le problème.

    Derrière chaque amas de bouteilles et de détritus se trouve une chaîne de responsabilités. Il y a d’abord le manque de civisme de certains citoyens qui continuent de considérer les cours d’eau et leurs abords comme des décharges à ciel ouvert. Mais il y a aussi des collectivités locales confrontées à des moyens limités, à des espaces difficiles à surveiller et à une accumulation de déchets qui dépasse parfois leurs capacités d’intervention.

    Il suffit ainsi d’une forte pluie pour que tout ce qui a été abandonné en amont refasse surface, littéralement. La plage devient alors le dernier maillon d’un problème qui commence bien loin du rivage.

    R.B.H

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