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Gros mots dans la rue : bientôt 2.000 dinars pour une insulte ?

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Par Sarra Hlaoui

    Et si les gros mots coûtaient bientôt cher ? Le député local Fathi Moncef Jebali veut en tout cas s’attaquer aux insultes, aux propos obscènes et à la violence verbale dans l’espace public.

    Dans une publication diffusée vendredi 11 septembre 2026, l’élu annonce une initiative législative destinée à lutter contre ce qu’il considère comme une banalisation des propos vulgaires dans les rues, les quartiers résidentiels, devant les maisons ou encore à proximité des cafés.

    Son argument principal, les enfants seraient quotidiennement exposés à des propos qu’ils finissent par reproduire à l’école et entre eux.

    Attention aux oreilles des enfants

    Pour Fathi Moncef Jebali, l’éducation ne commence pas seulement à la maison ou à l’école. Elle se construit également dans la rue et dans le quartier.

    Le député estime ainsi que les familles doivent pouvoir vivre dans un environnement respectueux et que les enfants doivent être protégés de la banalisation de la violence verbale.

    D’où son initiative d’instaurer un cadre légal spécifique pour limiter les propos obscènes dans l’espace public.

    Jusqu’à 2.000 dinars pour calmer les ardeurs

    Dans le détail, la proposition prévoit notamment de sanctionner les propos jugés obscènes dans l’espace public, avec un renforcement des sanctions en cas de récidive.

    Les peines seraient également aggravées lorsque les faits sont commis en présence d’enfants ou à proximité d’établissements éducatifs. La facture pourrait alors atteindre 2.000 dinars.

    De quoi réfléchir à deux fois avant de laisser échapper quelques mots bien sentis devant une école.

    Le député propose également des mesures éducatives et de réhabilitation pour les enfants concernés. La responsabilité des parents ne serait engagée que lorsqu’un manquement ou une négligence est légalement établi.

    Et le gros mot politique, on en fait quoi ?

    Fathi Moncef Jebali prend soin de préciser que son initiative ne vise pas à restreindre la liberté d’expression, le droit à la critique ou le droit de manifester pacifiquement.

    Reste maintenant la grande question, comment définir précisément ce qui relève de l’insulte, du propos obscène, de la simple grossièreté ou encore de la colère passagère ?

    Entre protéger les enfants et commencer à réglementer les conversations de quartier, la frontière pourrait être particulièrement délicate à tracer.

    Le député appelle d’ailleurs les citoyens, les parents, les éducateurs, les juristes et les sociologues à participer au débat sur cette initiative et sur les sanctions à prévoir.

    Une chose est sûre, si la proposition aboutit, il faudra peut-être désormais surveiller son vocabulaire, mais aussi son portefeuille.

    S.H

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