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Faouzi Zayani : « On exporte notre huile d’olive comme une matière première »

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Par Sarra Hlaoui

    L’huile d’olive tunisienne est-elle suffisamment valorisée à l’international ? Invité sur les ondes de Diwan FM, dimanche 13 septembre 2026, l’expert en politiques agricoles Faouzi Zayani a estimé que la Tunisie souffre encore d’un important déficit en matière de valorisation, de commercialisation et de communication autour de son huile d’olive.

    Réagissant à un récent article de CNN consacré au secteur tunisien de l’huile d’olive, l’expert a confirmé le constat selon lequel une grande partie de la production tunisienne est exportée en vrac avant d’être conditionnée et commercialisée sous des marques étrangères.

    Une grande partie de l’huile exportée en vrac

    Selon Faouzi Zayani, la Tunisie n’exporte qu’une part limitée de sa production sous forme conditionnée. Il a évoqué une proportion d’environ 14% d’huile exportée en bouteille, contre une large majorité vendue en vrac.

    « On a progressé », a-t-il relevé, rappelant que cette proportion était auparavant située autour de 8 à 9%. Il a toutefois estimé que le problème demeure entier puisque l’huile exportée en vrac est ensuite considérée comme une matière première, sans que la valeur de l’origine tunisienne ne soit suffisamment mise en avant.

    Cette situation prive, selon lui, la Tunisie d’une partie importante de la valeur ajoutée générée au moment du conditionnement et de la commercialisation du produit.

    « Le problème est aussi communicationnel »

    Pour Faouzi Zayani, la question ne se limite toutefois pas aux politiques agricoles ou aux mécanismes d’exportation. Il pointe également un déficit de communication et de marketing.

    « La plus grande problématique des Tunisiens est communicationnelle », a-t-il affirmé, soulignant que même les qualités spécifiques de l’huile d’olive tunisienne restent insuffisamment connues à l’étranger.

    L’expert a notamment cité le potentiel de l’huile d’olive biologique, rappelant que la Tunisie dispose d’une place importante dans ce secteur. Il estime que ce positionnement pourrait constituer un véritable avantage commercial, à condition d’être mieux exploité et mieux communiqué.

    Miser sur les spécificités locales

    Faouzi Zayani plaide également pour une meilleure valorisation des spécificités régionales de l’huile d’olive tunisienne.

    La Tunisie, a-t-il expliqué, dispose de variétés et de terroirs différents selon les régions. Cette diversité pourrait permettre de proposer plusieurs produits identifiés par leur origine et leurs caractéristiques, plutôt que de commercialiser l’huile tunisienne comme un produit uniforme.

    Selon lui, le pays pourrait ainsi développer entre 60 et 70 types d’huiles destinés aux marchés extérieurs, en mettant davantage en avant leurs particularités locales.

    Les appellations d’origine comme levier de valorisation

    Autre piste évoquée par l’expert : le développement des appellations d’origine.

    Faouzi Zayani a cité notamment les expériences de Teboursouk et de Ghomrassen, ainsi que celle de Meknassi, en soulignant que les appellations liées à des territoires précis permettent d’apporter une valeur supplémentaire au produit et de renforcer la confiance du consommateur.

    Il a également comparé la situation tunisienne à celle de la France, qui dispose, selon lui, de plusieurs appellations d’origine dans le secteur oléicole malgré une production nettement inférieure à celle de la Tunisie.

    Une présence permanente sur les marchés étrangers

    Pour sortir de cette situation, l’expert estime que la Tunisie doit renforcer sa présence commerciale à l’étranger. Il ne suffit plus, selon lui, de participer ponctuellement à des salons internationaux avant de rentrer au pays.

    Il appelle à une présence durable dans les espaces commerciaux et promotionnels, notamment sur les marchés émergents tels que la Chine, l’Inde, l’Indonésie ou encore le Nigeria.

    L’État aurait, dans ce cadre, un rôle à jouer en fournissant le cadre juridique et logistique nécessaire afin de permettre aux producteurs et aux exportateurs tunisiens de mieux se positionner sur ces marchés.

    Vers une véritable « marque Tunisie » ?

    Interrogé sur l’absence d’une grande marque internationale représentant l’huile d’olive tunisienne, Faouzi Zayani a estimé que la « marque tunisienne » pourrait justement reposer sur un ensemble de marques valorisant les différents terroirs et produits du pays.

    Il a appelé à travailler simultanément sur plusieurs axes : le conditionnement, les produits biologiques, les appellations d’origine, les spécificités locales et une stratégie de communication internationale.

    L’expert a par ailleurs annoncé l’organisation, du 22 au 26 octobre à Sfax, d’une manifestation consacrée à la valorisation, à la promotion et au conditionnement de l’huile d’olive tunisienne. Une conférence sera notamment consacrée à l’impact des appellations d’origine sur le marketing et la promotion du produit.

    Pour Faouzi Zayani, l’objectif est clair : passer d’une logique d’exportation de matière première à une véritable stratégie de valorisation permettant à l’huile d’olive tunisienne de conquérir de nouveaux marchés et de mieux bénéficier de sa réputation internationale.

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    S.H

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