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Inondations : 23 projets en cours pour 448 millions de dinars

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Par Sarra Hlaoui

    La préparation de la saison des pluies ne se limite pas à l’automne. Les opérations de prévention et d’entretien se poursuivent tout au long de l’année, avec une intensification des interventions à partir du mois de juin, a indiqué mercredi 16 septembre 2026 la directrice de l’Unité de gestion des eaux urbaines au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Wafa Ben Amor.

    Invitée de l’émission « Acharaa Ettounsi », sur Express Fm, la responsable a expliqué que l’Unité de gestion des eaux urbaines intervient notamment pour protéger les zones urbaines contre les inondations à travers la réalisation d’ouvrages de protection, l’aménagement de collecteurs au sein des zones urbaines, l’aménagement des oueds et des cours d’eau ainsi que, lorsque la configuration géographique le permet, l’évacuation des eaux en dehors des zones urbanisées.

    37 millions de dinars consacrés au curage en 2026

    Pour l’année 2026, environ 37 millions de dinars ont été consacrés aux opérations de curage sur l’ensemble du territoire tunisien. Ces interventions concernent les différents gouvernorats, délégations et municipalités ainsi que les zones urbaines disposant d’ouvrages de protection contre les inondations.

    Wafa Ben Amor a précisé que le rythme des opérations varie selon les caractéristiques et la situation de chaque zone. Certaines nécessitent un curage une à deux fois par an, tandis que d’autres peuvent faire l’objet d’interventions beaucoup plus fréquentes, pouvant aller jusqu’à une opération mensuelle.

    Les opérations de contrôle et de curage portent sur un réseau d’environ 2.600 kilomètres. Les priorités sont déterminées à partir des constats effectués sur le terrain et de l’état des ouvrages.

    23 projets pour 448 millions de dinars

    Parallèlement aux opérations d’entretien, 23 projets sont actuellement en cours de réalisation, pour un coût global estimé à environ 448 millions de dinars.

    Parmi les principaux projets figure celui consacré à la protection de la région nord-est du Grand Tunis contre les inondations. D’un coût d’environ 88 millions de dinars, il concerne notamment les zones de Mnihla, Raoued, Ariana, La Soukra et La Marsa.

    D’autres projets sont également en cours dans plusieurs régions, notamment à Kélibia, dans le Sahel, à Enfidha et à Msaken.

    La responsable a expliqué que les projets de protection des villes et des zones urbaines sont réalisés par tranches, compte tenu de leur coût élevé. Les zones présentant le niveau de risque le plus important sont retenues en priorité.

    Une nouvelle cartographie des zones à risque

    Le ministère travaille par ailleurs sur une étude stratégique de gestion des risques d’inondation, qui doit modifier la manière dont les projets sont identifiés et programmés.

    Selon Wafa Ben Amor, la nouvelle approche ne reposera plus uniquement sur les zones ayant déjà connu des inondations, les demandes exprimées par les régions ou encore les moyens financiers disponibles. Elle s’appuiera sur une cartographie précise des zones exposées aux risques d’inondation sur l’ensemble du territoire tunisien.

    L’étude intègre notamment la modélisation numérique ainsi que des modèles topographiques et hydrologiques permettant d’identifier les zones exposées et d’évaluer les hauteurs d’eau selon différents scénarios de pluies et différentes périodes de retour.

    L’étude est actuellement réalisée à environ 50%. Les cartes qui en découleront devraient être accessibles au public et pourront également servir aux municipalités dans la planification urbaine, notamment pour l’identification des zones à risque avant la programmation de nouveaux projets résidentiels ou urbains.

    La responsable a indiqué que ces cartes devraient être prêtes et publiées au cours de 2026.

    Des pluies plus intenses liées aux changements climatiques

    Wafa Ben Amor a également insisté sur l’impact des changements climatiques sur la conception des ouvrages de protection. La Tunisie connaît désormais une alternance entre des périodes de sécheresse et des épisodes de pluies importantes concentrées sur de courtes périodes.

    Certaines infrastructures existantes peuvent ainsi se retrouver confrontées à des volumes d’eau exceptionnels dépassant leur capacité d’absorption, provoquant une stagnation temporaire avant l’évacuation des eaux.

    L’adaptation des ouvrages à ces épisodes extrêmes nécessitera des investissements importants, a-t-elle relevé, soulignant la nécessité de combiner le développement des infrastructures avec une meilleure sensibilisation des citoyens.

    Des opérations toute l’année

    La responsable a enfin rappelé que les opérations de prévention ne commencent pas avec l’arrivée de l’automne. Les équipes interviennent tout au long de l’année, avec une intensification des visites de terrain et des travaux à partir de juin.

    Ces interventions comprennent notamment le curage des oueds et des ouvrages, la vérification de leur état et leur nettoyage avant ou après les épisodes pluvieux.

    La coordination entre le ministère de l’Équipement, le ministère de l’Agriculture et les municipalités, ainsi que la contribution des citoyens, constitue selon elle un élément essentiel pour réduire les risques d’inondation et améliorer l’évacuation des eaux pluviales.

    Pour 2027, plusieurs projets ont été proposés dans le cadre du programme de développement 2026-2030. Ils devraient être intégrés à la loi de finances 2027, avec un démarrage prévu à partir de l’année prochaine pour les nouvelles études, les nouveaux projets et les opérations de curage, qui demeurent des interventions périodiques et annuelles.

    S.H

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