L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) a exprimé ses inquiétudes face à la situation des droits et des libertés et appelé à renforcer la coordination entre les organisations de la société civile, les mouvements féministes et les forces démocratiques.
Dans une déclaration publiée à l’issue de son assemblée générale ordinaire, tenue les 12 et 13 septembre 2026, l’association a estimé que la situation politique, économique et sociale était « extrêmement préoccupante ». Elle a réaffirmé son attachement à son indépendance ainsi qu’à son engagement en faveur des droits des femmes, des libertés publiques et de la justice sociale.
L’ATFD a notamment dénoncé ce qu’elle considère comme une restriction croissante de l’espace public et des pressions exercées sur la société civile ainsi que sur les voix indépendantes et d’opposition.
Un appel à préserver l’espace public et les libertés
L’association a appelé à mettre fin à ce qu’elle qualifie de climat de tension, d’intimidation et de discours de haine et de discrimination. Elle a réclamé un espace public permettant le dialogue, l’expression des divergences, l’organisation et la manifestation pacifique.
Elle a également appelé l’État à garantir un environnement sûr pour l’exercice des activités civiles, politiques et de défense des droits humains, conformément aux lois et aux conventions internationales ratifiées.
L’ATFD a, dans ce cadre, demandé la libération des « prisonniers d’opinion » ainsi que de celles privées de liberté en raison de leurs positions ou de leurs activités civiles et politiques pacifiques. Elle a également réclamé la libération des membres de la Flottille Soumoud actuellement détenus et appelé à garantir le droit à la solidarité et à l’action humanitaire.
L’association a par ailleurs dénoncé les poursuites et pressions visant des avocats, des journalistes et des professionnels des médias.
Droits des femmes et violences au cœur des préoccupations
Sur le volet des droits des femmes, l’ATFD a réaffirmé son attachement au Code du statut personnel et au principe d’égalité, estimant que les acquis obtenus en matière de droits des femmes ne pouvaient faire l’objet d’un recul.
L’association s’est également inquiétée de la violence visant les femmes, notamment des féminicides, et a demandé une application intégrale de la loi organique n°58 de 2017 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Elle a réclamé davantage de moyens financiers pour la prévention, la protection des victimes et la lutte contre les violences.
Une attention particulière a aussi été accordée aux violences en ligne. L’ATFD a dénoncé les campagnes de diffamation, d’incitation, de menaces et de stigmatisation visant les femmes, les militantes et les défenseures des droits humains.
Elle a estimé que les violences numériques fondées sur le genre contribuaient à écarter les femmes de l’espace public et a appelé les autorités à assurer leur protection et à poursuivre les auteurs de ces actes.
L’ATFD rejoint le cadre de coordination lancé par l’UGTT
L’association a également réaffirmé que la défense des droits des femmes était, à ses yeux, indissociable de celle de la démocratie, des libertés et de la justice sociale.
Elle a ainsi appelé les forces civiles, démocratiques et sociales à se rassembler autour d’une plateforme commune consacrée aux droits, aux libertés, à l’État de droit et à la justice sociale.
L’ATFD a surtout annoncé son adhésion au cadre de coordination tripartite initié par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), autour des principes de justice, de liberté, de dignité et d’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’entre les régions.
Elle a parallèlement appelé à élargir la coordination entre les associations, initiatives et collectifs féministes et de défense des droits afin d’harmoniser leurs positions et leurs actions.
Un quinzième congrès en novembre
À l’issue de son assemblée générale, l’ATFD a enfin annoncé la tenue de son quinzième congrès les 27, 28 et 29 novembre 2026.
Ce rendez-vous devra notamment permettre le renouvellement des structures de l’association, l’évaluation de son parcours ainsi qu’un débat sur la situation des femmes, l’état des libertés et les priorités du mouvement féministe et de défense des droits pour la période à venir.
M.B.Z










