Les files d’attente commencent déjà à réapparaître devant les stations-service. À l’approche de la grève des travailleurs du transport des carburants, prévue les 23 et 24 septembre 2026, les automobilistes prennent les devants. Ce vendredi 18 septembre, plusieurs stations ont de nouveau vu affluer les clients venus faire le plein, par précaution, avant une éventuelle perturbation de l’approvisionnement.
Et le syndicat n’entend visiblement pas laisser retomber la pression.
La Fédération générale du pétrole et des produits chimiques a réaffirmé, vendredi, le maintien de la grève annoncée pour les 23 et 24 septembre. Mais son message ne se limite pas à confirmer le mouvement, elle appelle également à l’ouverture urgente de négociations et de séances de conciliation avec les parties concernées.
Autrement dit, la grève est maintenue, mais la porte du dialogue reste ouverte. Le compte à rebours est désormais lancé.
Des revendications qui n’ont toujours pas trouvé d’issue
À l’origine du bras de fer, plusieurs dossiers professionnels et sociaux que la partie syndicale affirme voir traîner depuis plusieurs années. La Fédération cite notamment l’absence de couverture sociale auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour les travailleurs concernés et la non-application de l’accord conclu le 2 mai 2019.
Le syndicat rappelle qu’une réunion consacrée à ces dossiers s’était tenue le 26 août 2026 à la Maison de l’UGTT. Des démarches de conciliation avaient également été engagées afin de tenter de débloquer la situation.
Mais, selon la Fédération, ces efforts n’ont pas permis d’aboutir à des solutions. Elle dénonce ce qu’elle qualifie de « temporisation et de tergiversation » et affirme qu’aucune réunion urgente de conciliation n’a, depuis, été convoquée avec les parties concernées.
Une grève suspendue, puis remise sur la table
Le mouvement annoncé pour septembre n’est d’ailleurs pas sorti de nulle part.
Les structures syndicales avaient déjà obtenu des travailleurs la suspension d’un premier mouvement, dans le souci, expliquent-elles, de préserver l’approvisionnement du pays en carburants et d’éviter de nouvelles perturbations pour les citoyens et l’activité économique.
Cette suspension devait permettre de donner une chance au dialogue.
Quelques semaines plus tard, le syndicat estime que cette chance n’a pas débouché sur des avancées suffisantes. La grève des 23 et 24 septembre est donc maintenue.
Le spectre des files d’attente
Pour les automobilistes, l’enjeu est loin d’être théorique. Le transport des carburants constitue un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement et toute perturbation prolongée peut rapidement se traduire par des difficultés dans les stations-service.
Les files d’attente observées, notamment vendredi 18 septembre, témoignent déjà de cette inquiétude. À cinq jours du mouvement, certains préfèrent anticiper plutôt que risquer de se retrouver devant une station à sec ou face à plusieurs heures d’attente.
La Fédération, de son côté, assure ne pas rechercher la perturbation pour la perturbation. Elle insiste sur le fait que la grève « n’est pas une fin en soi », mais qu’elle intervient, selon elle, après le blocage du dialogue et l’absence de règlement des revendications.
Dernière chance pour éviter le bras de fer ?
Le syndicat appelle ainsi le gouvernement et les administrations concernées à intervenir rapidement et à convoquer de véritables séances de négociation et de conciliation.
Le message est clair : le mouvement est maintenu, mais il peut encore être évité si les négociations reprennent.
La Fédération affirme se tenir prête à poursuivre un dialogue qu’elle veut « responsable et sérieux ». Elle prévient toutefois que le maintien du silence et l’absence de négociations laisseraient, selon ses termes, aux travailleurs et aux syndicalistes « d’autre choix » que d’exercer leur droit à la grève.
D’ici là, les automobilistes, eux, regardent les jauges de leurs réservoirs avec un peu plus d’attention et les files d’attente qui réapparaissent devant certaines stations donnent déjà un avant-goût de la tension qui pourrait monter à l’approche des 23 et 24 septembre.










