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Trump annonce avoir obtenu un « contrôle permanent » sur la sécurité du Groenland

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Photo - Maison Blanche 13 janvier 2026

Par Raouf Ben Hédi

    Le Groenland n’appartiendra pas aux États-Unis. Mais Donald Trump affirme avoir obtenu quelque chose qui s’en approche sur le terrain sécuritaire.

    Le président américain a annoncé vendredi 18 septembre 2026 avoir conclu avec le Danemark et le Groenland un accord accordant, selon ses propres termes, aux États-Unis un « contrôle permanent » de la sécurité et des « besoins » du territoire arctique.

    Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Donald Trump affirme que l’accord donne à Washington « pour toujours » la capacité de faire « ce qui est nécessaire » au Groenland afin d’assurer la sécurité de l’île et celle des États-Unis. Il assure également que l’accord ne coûtera rien aux contribuables américains.

    L’annonce intervient après plusieurs mois de tensions entre Washington et Copenhague autour du statut du Groenland. Donald Trump avait, depuis son retour à la Maison-Blanche, multiplié les déclarations en faveur d’une prise de contrôle américaine de l’immense territoire autonome du Royaume du Danemark, allant jusqu’à évoquer son acquisition et à ne pas exclure le recours à la force.

    Une présence militaire américaine renforcée

    Dans son message, Donald Trump assure que les États-Unis vont désormais pouvoir empêcher tout « adversaire » de Washington d’installer une base ou une présence militaire au Groenland.

    Il affirme également qu’aucun investissement jugé sensible par les États-Unis ne pourra être réalisé par un pays considéré comme hostile sans « approbation écrite » américaine.

    Surtout, le président américain annonce que Washington va « immédiatement » entamer le processus visant à développer « une grande présence militaire » au Groenland, dans les zones jugées appropriées. Il affirme que les États-Unis travailleront avec les habitants du territoire à sa construction et à son développement.

    Cette perspective correspond aux discussions qui avaient précédé l’annonce. Selon Reuters, Washington et Copenhague travaillaient notamment sur un accord permettant d’accroître la présence militaire américaine au Groenland, avec des discussions portant également sur l’utilisation du territoire pour le projet américain de bouclier antimissile Golden Dome et sur la limitation de la présence et de l’influence chinoises sur l’île.

    L’accord annoncé vendredi ne va toutefois pas jusqu’à l’objectif initialement affiché par Donald Trump : l’annexion ou l’acquisition du Groenland par les États-Unis. Les discussions avaient finalement évolué vers un renforcement de la coopération militaire et sécuritaire américaine, sans transfert de souveraineté.

    Trump parle d’un accord « sans fin »

    Le président américain va encore plus loin dans la description de l’accord. Il le qualifie d’« Infinite Life Agreement », autrement dit un accord à durée illimitée.

    « Il n’y a pas de fin », affirme-t-il, présentant ce qu’il décrit comme un règlement définitif d’une question stratégique qui, selon lui, préoccupait les présidents américains depuis plus d’un siècle.

    Donald Trump présente également l’accord comme une solution avantageuse pour les États-Unis, le Danemark, le Groenland et leurs alliés.

    Le contenu juridique précis du texte n’a cependant pas encore été rendu public. Les autorités groenlandaises ont confirmé qu’un accord devait être formalisé avec Washington, avec une signature attendue en marge de la prochaine Assemblée générale des Nations unies à New York. Le texte devra ensuite franchir les étapes d’approbation prévues par les institutions concernées.

    Copenhague et Nuuk doivent encore formaliser l’accord

    L’annonce de Donald Trump intervient donc avant la publication de tous les détails de l’accord.

    Elle marque néanmoins un changement spectaculaire par rapport à la crise ouverte par les ambitions américaines sur le Groenland. Au début de l’année, le président américain plaidait encore ouvertement pour l’acquisition du territoire, qu’il présentait comme indispensable à la sécurité des États-Unis et de l’Alliance atlantique.

    Copenhague avait alors insisté sur la souveraineté du Royaume du Danemark et sur le fait que les questions concernant le Groenland relevaient du Danemark et des Groenlandais. En juin, avec plusieurs partenaires européens, le gouvernement danois avait rappelé que le Groenland « appartient à son peuple » et que les questions relatives au Danemark et au Groenland doivent être décidées par eux seuls.

    La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait toutefois indiqué début septembre que Copenhague souhaitait renforcer sa coopération avec Washington sur la sécurité et la défense dans l’Arctique, tout en poursuivant parallèlement sa coopération avec les alliés européens.

    Un nouvel équilibre dans l’Arctique

    Le Groenland occupe une position stratégique majeure dans l’Arctique, entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Son emplacement, ses ressources naturelles et son importance pour les infrastructures militaires et de surveillance en font depuis longtemps un territoire d’intérêt pour Washington.

    Les États-Unis disposent déjà d’une présence militaire au Groenland, notamment à travers la base aérienne de Pituffik, héritée de plusieurs décennies de coopération militaire avec le Danemark. Un accord de défense dano-américain conclu en 1951 encadre historiquement cette coopération, tandis qu’un accord complémentaire signé en 2004 a notamment renforcé les arrangements concernant la défense du Groenland.

    L’annonce de vendredi ouvre ainsi une nouvelle étape : sans devenir américain, le Groenland pourrait voir s’accroître considérablement l’empreinte militaire et stratégique des États-Unis, tandis que Washington chercherait à verrouiller l’accès de ses rivaux à ce territoire clé de l’Arctique.

    Pour Donald Trump, la question est désormais présentée comme réglée « définitivement ». Reste à voir ce que contiendra précisément le texte que le Danemark et le Groenland doivent encore formaliser avec Washington.

    R.B.H

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