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Explosions à Ryad : flammes et fumée noire près de l’aéroport, de nombreux vols annulés ou retardés

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    Des flammes et de la fumée noire sont visibles, samedi 19 septembre 2026, près de l’aéroport de Ryad, ont indiqué à l’AFP des habitants de la capitale saoudienne, où des explosions avaient retenti dans la nuit pour la première fois depuis la reprise des hostilités avec les Houthis du Yémen.

    Près de l’aéroport, un journaliste de l’AFP a vu un réservoir de carburant du géant pétrolier saoudien Aramco en feu, et des pompiers en train de lutter contre les flammes.

    Le site spécialisé Flightradar24 a signalé de son côté des « perturbations majeures » à l’aéroport international, « avec des retards importants et des vols annulés ».

    Les habitants de Ryad avaient été réveillés dans la nuit de samedi à dimanche par une alerte de risque d’attaque suivie de deux fortes explosions, selon des journalistes de l’AFP sur place.

    Plusieurs heures plus tard, des habitants de la ville ont déclaré à l’AFP avoir entendu une nouvelle série d’explosions depuis différents endroits de la capitale.

    Depuis l’alerte aux raids aériens, les autorités saoudiennes n’ont publié aucun communiqué apportant davantage de précisions. L’AFP a contacté des responsables, mais n’a pas encore reçu de réponse.

    De leur côté, les Houthis n’ont revendiqué aucune attaque en Arabie saoudite au cours des dernières heures.

    Le royaume saoudien subit ces derniers jours des attaques croissantes des Houthis, combattants pro-iraniens qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin et qui combattent les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la coalition menée par Ryad.

    « Terrifiant »

    Les frappes en Arabie saoudite avaient jusqu’ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge, dont les Houthis se sont récemment emparés. Et la capitale n’avait pas été menacée depuis la reprise des hostilités avec les combattants pro-iraniens en juillet.

    L’alerte prévenant d’une « menace aérienne hostile » sur la capitale et appelant ses habitants à ne pas sortir a été envoyée sur leurs téléphones vers 03H00 du matin (minuit GMT). Ayant retenti dans d’autres régions du pays, elle avait été levée une demi-heure après les explosions.

    « J’ai entendu l’alerte, puis mes fenêtres ont tremblé », témoigne un habitant de 27 ans du nord de la capitale, qui n’a pas souhaité donner son nom. « J’ai eu vraiment peur ».

    « C’est terrifiant », confirme un autre habitant, du centre-ville, également sous couvert d’anonymat.

    La capitale saoudienne avait déjà été frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. L’ambassade américaine avait notamment été touchée par un drone en mars.

    Avec leur dernière offensive éclair au Yémen, les Houthis contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, provoquant de nouvelles craintes pour le transport maritime international.

    Le passage, qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, est en effet devenu plus stratégique depuis que l’Iran verrouille celui d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

    « Jusqu’au bout » –

    Plus tôt dans la semaine, les Houthis ont aussi été accusés par Ryad d’avoir ciblé La Mecque, ville sainte de l’islam, s’attirant les foudres de nombreux pays musulmans. Le mouvement pro-iranien a démenti.

    En réponse, l’Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé les zones contrôlées par les combattants au Yémen, sans toutefois parvenir pour l’heure à les faire faiblir.

    Ryad, premier exportateur de brut mondial particulièrement sous pression, multiplie les contacts diplomatiques pour sortir de l’impasse. Le média américain Axios affirmait la semaine dernière que les États-Unis avaient refusé de frapper les Houthis à la demande de l’Arabie saoudite.

    Le Pakistan a de son côté promis de défendre « jusqu’au bout » son allié saoudien, avec qui il a signé le mois dernier, ainsi qu’avec la Turquie, un accord de défense conjointe les engageant à une défense mutuelle en cas d’attaque.

    Ankara se montre plus prudente. « Nous n’avons reçu aucune demande officielle de l’Arabie saoudite » en termes d’aide militaire, a indiqué à l’AFP une source diplomatique turque à Ankara.

    Au moins 112.000 personnes ont été déplacées au Yémen et près de 3.000 autres se sont réfugiées à Djibouti depuis la reprise des combats début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon les derniers chiffres de l’ONU.

    Une guerre avait opposé en 2014 et 2022 les rebelles aux forces gouvernementales yéménites soutenues par Ryad.

    © Agence France-Presse

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