La grève annoncée pour les 23 et 24 septembre 2026 dans les entreprises de transport de carburants reste, à ce stade, maintenue. Intervenant lundi 21 septembre 2026 sur Jawhara FM, le secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salouen Smiri, a appelé le ministère des Affaires sociales à convoquer sans délai une séance de conciliation entre les représentants des salariés et ceux de la profession.
Selon le responsable syndical, le principal point de blocage concerne une indemnité réclamée par les travailleurs du secteur depuis 2019. Il a affirmé toutefois que des avancées avaient récemment été enregistrées du côté des entreprises, à la faveur notamment d’une augmentation accordée aux sociétés de distribution de carburants.
Salouen Smiri a expliqué que le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, en coordination avec le ministère des Finances, avait récemment procédé à une augmentation au profit des entreprises de distribution de carburants, avec effet à compter du 1er septembre 2026. Cette augmentation devait notamment permettre de prendre en compte une partie des revendications sociales des salariés et d’assurer le financement de l’indemnité en question.
Le problème est désormais moins lié au financement qu’à la formalisation de l’accord et à sa mise en œuvre au profit des travailleurs. « Le problème aujourd’hui est avec l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) et le ministère des Affaires sociales », a-t-il résumé, appelant ce dernier à reprendre son rôle d’intermédiaire entre les deux parties.
Pour Salouen Smiri, la prochaine étape doit être une séance de conciliation convoquée par le ministère des Affaires sociales. Il a rappelé que la procédure prévoyait l’intervention du ministère pour réunir les représentants des travailleurs et ceux des employeurs lorsqu’un conflit collectif menace de déboucher sur une grève.
Le syndicaliste a avancé qu’une réunion pourrait permettre de parvenir rapidement à un accord, assurant que les représentants des salariés disposent, selon lui, de la « réalité » et du « pragmatisme » nécessaires pour trouver une issue au conflit.
Il a insisté également sur le fait que les relations entre la direction de l’UGTT et la présidence de l’Utica étaient bonnes, malgré le différend qui oppose actuellement les travailleurs et les entreprises du secteur. Le blocage ne serait donc pas, selon lui, lié à une rupture du dialogue entre les deux organisations, mais à l’absence d’une initiative formelle du ministère des Affaires sociales.
Une grève dans le transport des carburants fait craindre des perturbations rapides dans l’approvisionnement des stations-service. Le précédent mouvement social dans le secteur avait déjà provoqué des files d’attente et des achats de précaution dans plusieurs régions, alimentant un mouvement de panique parmi les automobilistes.
Le responsable syndical a lui-même reconnu que la répétition des annonces de grève contribuait à créer une forte inquiétude chez les citoyens. Il a appelé à privilégier une solution négociée afin d’éviter que les consommateurs ne se retrouvent à nouveau devant des stations-service prises d’assaut.
Il a également souligné que certains représentants syndicaux auraient été affectés temporairement à d’autres sites cette semaine afin de contribuer à assurer l’approvisionnement en carburant.
Interrogé sur les conséquences de l’augmentation accordée aux entreprises de distribution, notamment sur le prix payé par les automobilistes, le responsable syndical a indiqué que cette question dépendait d’autres facteurs, en particulier de l’évolution du prix international du pétrole et du coût des importations.
Il a rappelé que les prix des carburants en Tunisie étaient encadrés et que la hausse du coût du pétrole pèserait sur les finances publiques. Selon les chiffres avancés par le syndicaliste, les hypothèses retenues dans le budget reposeraient sur un prix moyen du baril de 62,9 dollars, alors que le cours moyen est supérieur depuis le début de la guerre en Ukraine.
Cette différence représente, selon lui, une pression importante pour le budget de l’État, qui continue à supporter une partie du coût du carburant afin de préserver l’équilibre économique et social.
À quelques jours de l’échéance annoncée, le syndicat considère donc qu’une solution reste possible. Mais à défaut d’un accord, la grève dans les entreprises de transport de carburants reste maintenue, faisant planer le risque de nouvelles perturbations dans l’approvisionnement des stations-service et, surtout, de nouvelles scènes de panique.
N.J










