La balance commerciale alimentaire tunisienne a dégagé un excédent de 983,1 millions de dinars à fin août 2026, contre 684,1 millions de dinars un an auparavant, soit une amélioration de 43,7%. En valeur, l’excédent s’est ainsi accru de 299 millions de dinars en un an, largement porté par les performances de l’huile d’olive. Hors ce produit, les exportations alimentaires ont, au contraire, légèrement reculé sur un an.
C’est ce qui ressort des dernières données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), publiées en septembre 2026 et établies à partir des chiffres de l’Institut national de la statistique (INS). Le taux de couverture des importations alimentaires par les exportations s’est établi à 119,3%, contre 115,8% à fin août 2025. Sur la période, les exportations alimentaires ont progressé de 20,7%, à 6,07 milliards de dinars, tandis que les importations ont augmenté de 17,1%, à 5,09 milliards de dinars.
L’huile d’olive pèse désormais 62,1% des exportations alimentaires
Derrière l’amélioration de la balance alimentaire se trouve, avant tout, l’huile d’olive. Ses exportations ont atteint 3,77 milliards de dinars durant les huit premiers mois de 2026, contre 2,7 milliards de dinars un an plus tôt, soit une hausse de 39,5%.
Les volumes exportés ont progressé encore plus rapidement, de 43,1%, passant de 210.700 à 301.400 tonnes. Le prix moyen à l’exportation a, en revanche, diminué de 2,5%, à 12,51 dinars le kilogramme. L’Onagri précise toutefois que la catégorie « huile d’olive » utilisée dans ces statistiques n’est pas détaillée — huile d’olive extra vierge, huile de grignon, etc. —, ce qui affecte la variation du prix moyen. L’huile d’olive représente ainsi, à elle seule, 62,1% des exportations alimentaires tunisiennes, contre 53,8% à la même période de 2025.
Le poids déterminant de l’huile d’olive apparaît encore plus nettement lorsqu’on la retire de l’équation. Les exportations alimentaires hors huile d’olive se sont établies à près de 2,3 milliards de dinars, contre 2,32 milliards un an auparavant, soit une baisse de 1,1%. Autrement dit, la progression de 20,7% affichée par l’ensemble des exportations alimentaires masque une légère contraction des autres ventes à l’étranger.
Les dattes affichent, pour leur part, une progression de 11% en valeur, à 553,4 millions de dinars, accompagnée d’une hausse de 10,8% des volumes. Les produits de la pêche suivent une trajectoire inverse : malgré une légère progression de 1,1% des quantités exportées, leurs recettes reculent de 6,3%, à 382 millions de dinars, avec un prix moyen à l’exportation en baisse de 7,2%.
Céréales, huiles et surtout sucre alourdissent les importations
En face, la facture des importations alimentaires continue de progresser. Les achats de céréales ont atteint environ deux milliards de dinars à fin août, en hausse de 13,2% sur un an. Les volumes importés ont augmenté plus fortement encore, de 20,4%, à 2,55 millions de tonnes. Les céréales représentent ainsi 39,4% de l’ensemble des importations alimentaires.
La situation diffère toutefois fortement selon les produits. Les importations de blé dur ont diminué de 26,4% en valeur et de 14,8% en volume, tandis que celles de blé tendre ont reculé respectivement de 5,5% et 2,3%. À l’inverse, la facture de l’orge a quasiment doublé (+99,7%) et celle du maïs a progressé de 37,5%. Les prix à l’importation ont pourtant baissé de 13,5% pour le blé dur, de 3,3% pour le blé tendre et de 2,1% pour le maïs, alors que celui de l’orge a augmenté de 3,6%.
Mais c’est surtout le sucre qui se distingue par l’ampleur de la hausse. Sa facture a bondi de 335,7%, passant de 177,6 à 773,8 millions de dinars. Les quantités importées ont presque quadruplé, passant de 109.200 à 433.900 tonnes (+297,2%), tandis que le prix moyen a progressé de 9,7%. Les importations d’huiles végétales ont, elles, augmenté de 23,9% en valeur, à 634,2 millions de dinars, et de 20% en volume.
Un excédent alimentaire qui tranche avec un déficit commercial de 17,85 milliards
L’embellie de la balance alimentaire intervient dans un contexte nettement moins favorable pour le commerce extérieur dans son ensemble. À fin août 2026, le déficit commercial global de la Tunisie a atteint 17,85 milliards de dinars, contre 14,64 milliards un an auparavant, soit une aggravation de 22%.
Les importations totales ont progressé de 11,6%, à 62,52 milliards de dinars, alors que les exportations ont augmenté de 8%, à 44,67 milliards. Les exportations alimentaires représentent désormais 13,6% de l’ensemble des exportations tunisiennes, tandis que les produits alimentaires comptent pour 8,1% des importations. Selon les calculs de l’Onagri, l’excédent alimentaire a permis de compenser 5,5% du déficit commercial global.
Les chiffres livrent ainsi une image à deux faces : la Tunisie consolide son excédent alimentaire et approche le milliard de dinars à fin août, mais cette performance demeure extrêmement concentrée. Alors que les exportations alimentaires progressent globalement de 20,7%, elles reculent de 1,1% hors huile d’olive.
I.N.










