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Tomates et poivrons : une pénurie quasi totale redoutée dès novembre

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Par Myriam Ben Zineb

    La disponibilité des tomates sur les marchés pourrait devenir encore plus difficile dans les prochains mois. Abdallah Sahraoui, président du Syndicat des oléiculteurs de Sahline, a alerté, mardi 22 septembre 2026, sur les difficultés qui touchent actuellement la production et sur les risques qui pèsent sur les prochaines cultures de primeurs.

    Invité de la matinale de Jawhara FM, il a expliqué que le secteur subissait les effets conjugués des fortes températures, du manque de ressources en eau et des aléas climatiques. Des facteurs qui ont déjà entraîné une baisse des quantités disponibles et une dégradation de la qualité des tomates commercialisées.

    Le sahel, un maillon important de l’approvisionnement national

    La situation observée actuellement s’explique notamment par la transition entre les différentes périodes de production. La production sous serre à Monastir arrive à son terme, tandis que les cultures saisonnières de Sidi Bouzid et de Kasserine prennent progressivement le relais.

    Le poids de Monastir est particulièrement important durant cette période. Abdallah Sahraoui a indiqué que le gouvernorat comptait environ 10.500 serres et assurait 46% de la production nationale lorsque la production saisonnière n’était pas disponible.

    Les difficultés rencontrées dans la région peuvent donc directement peser sur l’approvisionnement du marché national durant cette période. Or, les cultures sous serre de Monastir dépendent notamment des eaux du barrage de Nebhana et les producteurs font actuellement face à un manque d’eau d’irrigation.

    Abdallah Sahraoui a expliqué que cette situation affectait les zones de production de la région et risquait surtout de compromettre les prochaines cultures si les quantités d’eau nécessaires n’étaient pas mises à disposition.

    La grêle a également endommagé les récoltes

    Le relais attendu des productions saisonnières rencontre lui aussi des difficultés. Dans certaines zones de Sidi Bouzid et de Kasserine, les cultures ont été touchées par la grêle.

    Une partie des tomates qui arrivent actuellement sur les marchés est ainsi de petite taille ou endommagée. Abdallah Sahraoui a notamment évoqué la situation à El Ayoun et à Kasserine pour expliquer la qualité des produits actuellement proposés.

    Les pertes peuvent être importantes. D’après lui, sur une caisse de vingt kilos de tomates arrivant actuellement sur le marché, environ sept kilos peuvent être à écarter.

    Des tomates à trois dinars malgré une qualité dégradée

    Cette baisse de qualité n’a pas empêché les prix de progresser. Abdallah Sahraoui a indiqué que la tomate avait été vendue à 2,700 dinars le kilo au marché de gros de Sidi Bouzid. À ce prix viennent ensuite s’ajouter notamment les frais de transport et de commercialisation.

    Il a précisé que le kilo avait atteint trois dinars sur certains marchés, notamment à Moknine et Sousse, alors même que la qualité des tomates disponibles restait médiocre.

    Le professionnel est également revenu sur les prix précédemment fixés, estimant que les niveaux retenus, entre 1,600 et 1,800 dinar, ne prenaient pas suffisamment en considération les coûts réels de production et les différentes charges supportées avant l’arrivée du produit sur le marché.

    Novembre, décembre et janvier dans le viseur

    Au-delà des difficultés actuelles, Abdallah Sahraoui s’est surtout inquiété des prochains mois. Son alerte concerne la prochaine production de primeurs à Monastir et dans le Sahel, qui joue un rôle important dans l’approvisionnement lorsque les productions saisonnières ne sont plus disponibles.

    Il a averti que si l’État n’intervenait pas pour soutenir la filière et assurer les quantités d’eau d’irrigation nécessaires, les conséquences pourraient être particulièrement importantes sur l’offre.

    Les mois de novembre, décembre et janvier pourraient ainsi connaître, d’après lui, une pénurie « aiguë et quasi totale » de tomates et de poivrons. Une perspective qu’il lie directement aux difficultés d’irrigation rencontrées dans l’une des principales zones assurant l’approvisionnement national durant cette période de l’année.

    M.B.Z

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