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Photovoltaïque : un million de familles équipées gratuitement, mais quel impact sur les délestages ?

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Par Nadya Jennene

    Après un été marqué par plusieurs épisodes de délestage, la question de l’adéquation entre production et demande électriques revient au premier plan. C’est dans ce contexte que la Chambre nationale de l’énergie photovoltaïque propose d’équiper gratuitement un million de familles tunisiennes en installations photovoltaïques.

    Baptisé « Citoyenneté photovoltaïque », le projet a été présenté mardi 22 septembre 2026 par le président de la Chambre, Ali Kanzari, sur les ondes de la Radio nationale. Il prévoit, sur quatre ans, l’installation d’un panneau photovoltaïque et d’un convertisseur pour 250 000 ménages par an. Seraient ciblés les foyers dont la consommation annuelle ne dépasse pas 1 100 kWh et qui bénéficient actuellement d’un soutien public pouvant atteindre 80%.

    Un ciblage social clairement assumé

    Le seuil retenu place le dispositif dans une logique prioritairement sociale. Une enquête de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), menée entre novembre 2019 et mars 2020 auprès de 2 850 clients basse tension, évaluait à 1 635,9 kWh la consommation annuelle moyenne d’un ménage en 2019.

    Avec 1 100 kWh, le plafond fixé par la Chambre représente donc environ 67% de cette moyenne. Ces données, qui remontent à 2019, ne permettent toutefois pas de déterminer combien de ménages seraient effectivement concernés aujourd’hui.

    Le choix est néanmoins cohérent avec l’objectif affiché : permettre à des foyers à faible consommation, déjà largement soutenus par l’État, de produire une partie de leur électricité et de réduire leur facture.

    Cette orientation répond par ailleurs à un obstacle bien identifié. Selon une étude de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) réalisée en 2023 auprès de 807 ménages, le coût des équipements constitue le principal frein à l’installation solaire, cité par 53,8% des personnes interrogées. Dans le même temps, 79,6% estiment que l’énergie solaire a « un grand avenir » en Tunisie.

    Le photovoltaïque reste pourtant encore peu répandu dans les foyers : seuls 10,8% des répondants déclaraient disposer d’une installation photovoltaïque et/ou d’un chauffe-eau solaire. La gratuité proposée par la Chambre s’attaque donc directement au principal obstacle financier identifié par l’ANME.

    Une réponse aux délestages ?

    C’est sur le terrain de la sécurité du réseau que la proposition appelle davantage de précisions.

    Les tensions enregistrées durant l’été 2026 ont notamment été liées aux pointes de consommation provoquées par les fortes chaleurs et le recours accru à la climatisation. Le taux d’équipement des ménages en climatiseurs était déjà passé de 48% en 2020 à 51% en 2022. Selon les données de la Steg, la seule hausse de la demande liée à la climatisation durant l’été peut représenter 200 à 300 MW supplémentaires.

    Or, le programme « Citoyenneté photovoltaïque » ne cible pas les ménages en fonction de leur contribution aux pointes de demande, mais de leur consommation annuelle. Les foyers consommant moins de 1 100 kWh par an ne sont donc pas nécessairement ceux qui pèsent le plus sur le réseau lors des pics estivaux.

    Cela ne signifie pas que le photovoltaïque serait sans effet sur la demande. Une production décentralisée peut réduire les appels au réseau pendant les heures d’ensoleillement. Mais l’ampleur de cet effet dépendra du dimensionnement des installations et du moment où l’électricité produite est consommée.

    Un million d’installations ne suffit pas à mesurer l’impact

    Le chiffre d’un million de familles donne une idée de l’ampleur du projet, mais ne permet pas, à lui seul, d’en évaluer l’effet sur le système électrique.

    Il faudra notamment connaître la puissance installée par foyer, le profil de production, les modalités de raccordement au réseau et le traitement de l’électricité produite mais non consommée immédiatement. La question du stockage est également déterminante si l’objectif est de répondre à des pointes qui surviennent en dehors des périodes de production solaire.

    À ce stade, « Citoyenneté photovoltaïque » apparaît donc comme une proposition susceptible de lever un frein majeur à l’équipement solaire des ménages modestes. Son impact sur les délestages, en revanche, ne peut pas encore être établi à partir du seul nombre de bénéficiaires et du plafond de 1 100 kWh.

    Pour passer d’un programme d’équipement résidentiel à un véritable outil de réduction des pointes, il faudra surtout savoir combien de puissance sera installée, quand elle produira et comment cette production sera intégrée au réseau.

    N.J

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    Commentaire

    1. A4

      Répondre
      22 septembre 2026 | 11h34

      1) La STEG mettra 20 ans pour leur fournir des compteurs bidirectionnels et les raccorder au réseau public.
      2) La gratuité mène au gaspillage et qui vivra verra !!!
      3) Un exemple et il y en a des milliers: l’installation est prête depuis Décembre 2025. On attend encore son raccordement et son entrée en production. 9 mois de soleil et 20 mille kWh perdus !!! Et entre temps coupures et délestages …

    Répondre

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