L’Université de Tunis-El Manar (UTM) mise sur l’écoute et l’accompagnement pour tenter d’offrir aux étudiants un environnement universitaire plus sain. Son président, Moez Chafra, a présenté, mardi 22 septembre 2026, une cellule pilote destinée notamment à prendre en charge les difficultés psychologiques, les différentes formes de violence et les discriminations auxquelles peuvent être confrontés les étudiants.
Intervenant dans l’émission Yaoum Saïd, présentée par Nabila Abid sur Radio Nationale, Moez Chafra a expliqué que ce dispositif s’inscrit dans une conception de la vie universitaire qui ne se limite pas aux cours, aux examens et à la recherche. L’université doit aussi, selon lui, prendre en considération les difficultés susceptibles de peser sur le parcours de ses étudiants.
Écouter, orienter et accompagner
Axée sur le respect et l’égalité, la cellule s’adresse en priorité aux étudiants, même si les enseignants, le personnel administratif et les employés de l’université sont également concernés par son action.
Elle est issue d’un projet international auquel participe l’Université de Tunis-El Manar avec plusieurs établissements étrangers, notamment en France, en Italie, au Liban et en Algérie. Moez Chafra a également précisé que la cellule émane du Conseil de l’université.
La structure rassemble plusieurs profils spécialisés. Le président de l’UTM a notamment cité des psychologues de l’université, des psychiatres enseignants à la Faculté de médecine de Tunis ainsi que des enseignants du département de psychologie de l’Institut supérieur des sciences humaines de Tunis.
Sa mission ne consiste pas uniquement à recueillir la parole. La cellule doit également examiner les difficultés rencontrées par les étudiants, les orienter vers les solutions appropriées et assurer leur accompagnement.
Moez Chafra a, à ce titre, particulièrement insisté sur la confidentialité des échanges. « Ton secret restera au fond d’un puits, comme on dit », a-t-il lancé pour illustrer la discrétion avec laquelle les situations confiées à la cellule doivent être traitées.
Violences, racisme et difficultés psychologiques
La création de cette structure répond, selon Moez Chafra, à des difficultés qui dépassent largement le cadre strictement académique. Les étudiants peuvent arriver à l’université avec des problèmes provenant de l’extérieur, mais peuvent également être confrontés à des difficultés au sein même de l’établissement.
Il a notamment évoqué les problèmes psychologiques, différentes formes de violence, dont la violence verbale, le racisme ainsi que les discriminations liées au genre. Autant de situations qui, selon lui, peuvent générer du stress et peser sur le parcours universitaire.
C’est précisément sur ce terrain que l’université entend intervenir. Il ne s’agit donc plus seulement de demander à l’étudiant de réussir, mais de s’intéresser également aux conditions dans lesquelles cette réussite doit se construire.
L’écoute doit ainsi déboucher sur un accompagnement et une recherche de solutions adaptées, avec l’objectif d’aider l’étudiant à poursuivre son année et son cursus dans les meilleures conditions possibles.
« Nous voulons lui fournir les conditions adéquates pour réussir, faire de la recherche, obtenir ses diplômes et se distinguer aux niveaux national et international », a résumé le président de l’UTM.
Avec cette cellule, l’Université de Tunis-El Manar tente ainsi d’intégrer davantage la dimension psychologique et sociale à la vie universitaire. Une manière de rappeler qu’entre l’inscription et le diplôme, la réussite d’un étudiant ne dépend pas uniquement de ce qui se passe dans un amphithéâtre.
I.N.












