Après un été marqué par des vagues de chaleur intenses, répétées et particulièrement longues, l’Institut national de la météorologie (INM) a confirmé le caractère exceptionnel de la saison estivale 2026. Avec une température moyenne supérieure de 2,9°C à la normale climatique, l’été qui vient de s’achever est officiellement le plus chaud enregistré en Tunisie depuis 1950.
L’été 2026 aura laissé derrière lui bien plus qu’une succession de journées caniculaires. Selon le bilan saisonnier de l’INM, les épisodes de chaleur qui ont frappé la Tunisie au cours des mois de juillet et d’août figurent parmi les plus sévères enregistrés dans le pays depuis le début des observations en 1950, aussi bien par leur intensité que par leur durée.
Le phénomène a également été marqué par un autre élément particulièrement préoccupant : des températures nocturnes exceptionnellement élevées et persistantes. La chaleur ne retombant que très peu après le coucher du soleil, les nuits ont offert un répit limité, réduisant fortement la capacité du corps et des bâtiments à se refroidir. Une persistance qui a contribué à accentuer la sévérité des épisodes caniculaires.
Les premiers épisodes de chaleur ont commencé dès la première quinzaine de juillet dans certaines régions, avant de s’étendre progressivement à la quasi-totalité du territoire. C’est toutefois durant la deuxième quinzaine du mois que la situation a atteint son paroxysme.
Les régions du Centre et du Sud ont connu les épisodes les plus longs et les plus intenses, tandis que le Nord et les régions côtières n’ont pas été épargnés.
Plusieurs stations ont alors enregistré de nouveaux records absolus de température maximale. Le thermomètre est notamment monté à 49,7°C à Kairouan le 17 juillet, à 48,7°C à Jendouba le 16 juillet et à 48,6°C à Zaghouan le 17 juillet. Béja a atteint 48,3°C le 21 juillet, tandis que Gafsa a enregistré 47,3°C le 23 juillet.
Même les régions côtières ont été touchées par des températures remarquables : à Kélibia, la température maximale a atteint 43,7°C le 20 juillet, établissant également un nouveau record pour la station.
Après les épisodes de juillet, la chaleur a connu une nouvelle phase généralisée à partir de la troisième semaine d’août. L’épisode s’est prolongé jusqu’à la fin du mois et a concerné la majorité des régions du pays.
Dans plusieurs stations du Centre et du Sud, la persistance des températures élevées a été particulièrement remarquable. Certaines ont connu des périodes de chaleur continues sur une longue durée, tandis que d’autres ont enregistré deux épisodes distincts au cours du même mois.
Le 26 août, Béja a atteint 49,2°C, tandis que Sfax enregistrait 47,6°C et Gabès 48°C. Le lendemain, le thermomètre est monté à 48,4°C à Tozeur, 48,2°C à Matmata, 48°C à Zaghouan et 47°C à Siliana. Gafsa a, pour sa part, enregistré 46,3°C le 27 août.
Au-delà des records enregistrés dans différentes stations, c’est l’ampleur du phénomène à l’échelle nationale qui retient l’attention. Avec +2,9°C par rapport à la normale climatique de référence 1991-2020, l’été 2026 établit un nouveau record depuis 1950.
Ce bilan permet également de mettre en perspective les épisodes de chaleur vécus au quotidien : leur caractère exceptionnel ne tient pas uniquement aux pics dépassant les 48 ou 49°C. La répétition des vagues de chaleur, leur extension à une grande partie du territoire et surtout la faiblesse du rafraîchissement nocturne ont contribué à faire de cet été une saison particulièrement éprouvante.
N.J










