Une promenade qui devait être un simple moment de détente s’est muée en une peu reluisante visite guidée de la déshérence. Mardi 22 septembre 2026, la chanteuse Manel Amara a publié sur sa page Facebook un reel montrant l’état dans lequel se trouve le parc de Sidi Bou Saïd. Déchets abandonnés, poubelles débordantes, équipements dégradés et installations électriques inquiétantes : derrière les façades immaculées et la carte postale bleu et blanc, le parc raconte une tout autre histoire.
Manel Amara voulait simplement marcher. Elle a découvert un espace public qui semble avoir été livré aux intempéries, à l’usure et, surtout, à l’indifférence.
Sur les images qu’elle a partagées, les déchets s’invitent un peu partout. Les poubelles, censées contenir les détritus, semblent avoir depuis longtemps renoncé à cette noble mission : elles débordent, tandis que les ordures se dispersent autour d’elles et colonisent les abords des espaces de promenade. Le parc, qui devrait offrir une parenthèse de verdure et de quiétude, ressemble ainsi à un espace auquel l’entretien aurait simplement cessé de rendre visite.
Le spectacle est d’autant plus incongru qu’il se déroule à Sidi Bou Saïd, l’un des écrins touristiques les plus célèbres du pays. Ici, le bleu est habituellement celui des portes et des fenêtres, le blanc celui des façades. Mais dans ce parc, une autre palette s’impose : celle des déchets, de la rouille et des équipements défraîchis.
La saleté pourrait encore être reléguée au registre, certes peu glorieux, de la négligence ordinaire. Certaines installations, en revanche, font basculer le constat dans un registre autrement plus préoccupant : celui de la sécurité.
Des poteaux électriques apparaissent endommagés, avec des fils laissés à découvert. Dans un espace fréquenté par des familles et des enfants, cette situation n’a rien d’un simple défaut esthétique. Un fil électrique apparent n’est pas une imperfection du décor : c’est un risque qui attend son heure.
À quelques mètres, les équipements de jeux semblent eux aussi avoir été oubliés au bord du chemin. Toboggans dégradés, installations vieillissantes et équipements dont l’état inspire davantage la méfiance que l’envie de jouer : l’aire destinée aux enfants offre le visage paradoxal d’un espace conçu pour le loisir, mais dont l’entretien paraît avoir été relégué aux oubliettes.
Il y a quelque chose de profondément absurde dans cette scène : installer des jeux pour les enfants, puis laisser leur environnement se dégrader jusqu’à ce que la question de leur sécurité devienne plus pressante que celle de leur amusement.
Le problème dépasse donc largement la seule question de la propreté. Un parc public n’est pas un décor que l’on peut repeindre à l’occasion et oublier entre deux saisons touristiques. C’est un équipement collectif, soumis à une obligation élémentaire d’entretien et de sécurité.
La vidéo de Manel Amara ne montre finalement pas seulement un parc mal entretenu. Elle révèle le revers d’une carte postale : celui d’un Sidi Bou Saïd qui soigne jalousement son image de village intemporel, comme si le temps n’avait aucune prise sur ses façades blanches et ses portes bleues. Dans son parc, pourtant, le temps semble avoir fait son œuvre — sans que personne ne semble avoir jugé utile de lui résister.
N.J










