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Houcine Rhili : 450 millions de dinars dépensés chaque année pour collecter les déchets ménagers

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Par Myriam Ben Zineb

    La Tunisie dépense chaque année près de 450 millions de dinars pour la collecte des déchets ménagers, alors que les taux de recyclage et de valorisation restent très faibles, a indiqué, vendredi 25 septembre 2026, l’expert en développement et en ressources hydriques, Houcine Rhili.

    Invité de la matinale de Jawhara FM, Houcine Rhili a estimé que la gestion des déchets avait profondément évolué dans le monde depuis le Sommet de Rio de 1992. Autrefois considérés essentiellement comme une source de pollution et de dépenses, les déchets sont désormais exploités comme une ressource susceptible de générer de la richesse.

    La Tunisie évoluerait cependant, d’après lui, à contre-courant de cette tendance. Le pays continue de privilégier l’enfouissement, tandis que le recyclage et la valorisation demeurent limités. L’expert a cité, en comparaison, des expériences européennes reposant sur le tri sélectif et la valorisation des déchets.

    Houcine Rhili a également évoqué des défaillances structurelles dans la gestion municipale des déchets. Il a estimé que la responsabilité ne pouvait pas reposer uniquement sur le citoyen et que l’État devait mettre à disposition les infrastructures et les équipements nécessaires pour favoriser de nouvelles pratiques.

    Il a enfin attiré l’attention sur les risques liés à certains déchets, notamment les huiles minérales usagées, affirmant qu’un seul litre pouvait polluer jusqu’à 1.000 mètres cubes d’eau. Il a appelé à mettre en place des stratégies de long terme permettant de valoriser les différents types de déchets et d’en tirer parti économiquement.

    L’expert est également revenu sur les inondations qui touchent régulièrement plusieurs zones urbaines lors des épisodes pluvieux. Il a mis en cause les choix d’aménagement accumulés au cours des dernières décennies, notamment l’urbanisation de zones basses sans adaptation suffisante des réseaux d’évacuation des eaux.

    Il a cité notamment Raoued, Soukra et Borj Louzir, estimant que ces zones nécessitaient des dispositifs adaptés de drainage et de pompage. Pour Houcine Rhili, les tunnels et autres infrastructures devraient également être dimensionnés en tenant compte d’épisodes pluviométriques importants et disposer de systèmes d’évacuation et de pompage adéquats.

    Dans un contexte de changement climatique et de phénomènes météorologiques plus extrêmes, Houcine Rhili a prévenu que « cette saison sera difficile », appelant à mieux anticiper les fortes précipitations et leurs conséquences sur les zones urbaines.

    M.B.Z

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