La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du Tribunal de première instance de Tunis a condamné, vendredi 25 septembre 2026, l’ancien ministre des Affaires religieuses Mohamed Khelil et le fondateur et directeur de la chaîne « Telvza TV », Zouheir Latif, à quatre ans de prison chacun, dans l’affaire relative à une transaction médiatique liée à la campagne nationale « Ghodwa Khir ».
Le tribunal a également infligé une amende financière à chacun des deux prévenus. Le jugement a été rendu en première instance et en leur présence.
Une transaction de 650 mille dinars au cœur du dossier
L’affaire concerne une transaction d’environ 650 mille dinars conclue entre le ministère des Affaires religieuses et la société représentée par Zouheir Latif, dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation contre le terrorisme et l’extrémisme « Ghodwa Khir ».
Le marché portait notamment sur la production de programmes audiovisuels, de documentaires et de spots de sensibilisation, ainsi que sur la mobilisation d’une équipe journalistique et de moyens techniques pour assurer la couverture des activités de la campagne.
Le dossier avait notamment porté sur le recours à la procédure de négociation directe pour l’attribution du marché. Parmi les dépenses intégrées à son coût global figuraient 118 mille dinars consacrés aux équipements audiovisuels et 36 mille dinars destinés à une équipe journalistique.
Mohamed Khelil avait défendu le recours à la négociation directe
L’ancien ministre avait auparavant défendu la légalité de cette procédure, affirmant que le recours à la négociation directe ne constituait pas, en lui-même, une preuve de l’existence d’un acte de corruption. Il avait également indiqué que le dossier avait fait l’objet d’un contrôle par une commission relevant de la présidence du gouvernement.
Mohamed Khelil et Zouheir Latif étaient poursuivis alors qu’ils étaient en liberté. Après leur audition et les plaidoiries de leurs avocats, la chambre avait mis l’affaire en délibéré avant de prononcer son jugement ce vendredi.
Le jugement, rendu en première instance, est susceptible d’appel.
S.H










