À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, la Tunisie a réaffirmé son attachement au multilatéralisme et appelé à restaurer la confiance dans une organisation confrontée à des crises internationales de plus en plus complexes. Dans son intervention prononcée à New York, samedi 26 septembre 2026, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti a notamment placé le respect du droit international, la réforme de l’ONU et la question palestinienne au cœur de son discours.
Prenant la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies, à l’occasion du débat général de sa 81e session, Mohamed Ali Nafti a estimé que la crise de confiance qui affecte le multilatéralisme ne pouvait être surmontée qu’au prix d’un engagement plus ferme des États en faveur de la Charte des Nations unies.
Selon le chef de la diplomatie tunisienne, cet engagement doit aller de pair avec une réforme profonde de l’organisation. Il a notamment plaidé pour une représentation géographique plus équilibrée au sein de ses institutions, des mécanismes de décision plus efficaces ainsi que davantage de transparence et de responsabilité.
La Tunisie soutient à ce titre l’initiative « ONU 80 », tout en considérant que les réformes doivent être conduites dans un cadre de concertation préservant le caractère intergouvernemental de l’organisation et les prérogatives des États membres.
Mohamed Ali Nafti a également appelé les membres de l’ONU à honorer pleinement leurs contributions financières. La crise de liquidités que traverse l’organisation, a-t-il souligné, ne doit pas conduire à réduire les programmes humanitaires et de développement destinés aux pays en développement.
Gaza, « une épreuve pour le droit international »
La situation au Moyen-Orient a occupé une place centrale dans l’intervention tunisienne. Mohamed Ali Nafti a dénoncé la poursuite des violences contre les Palestiniens et la dégradation de la situation humanitaire dans la bande de Gaza.
Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités face aux pertes humaines, aux déplacements de population, à la destruction des infrastructures et à l’effondrement du système de santé.
Tunis réclame également un accès « sûr, urgent et durable » à l’aide humanitaire et réaffirme son soutien à l’UNRWA, dont le rôle demeure, selon la position tunisienne, essentiel dans l’attente d’un règlement juste et durable de la question palestinienne.
Le ministre a réaffirmé, dans ce contexte, le soutien de la Tunisie au droit du peuple palestinien à établir un État indépendant et pleinement souverain, avec Jérusalem pour capitale.
Des solutions politiques aux crises régionales
Sur les autres dossiers régionaux, la Tunisie a renouvelé son soutien à une solution politique aux crises qui secouent la région.
Concernant la Libye, Mohamed Ali Nafti a défendu une solution « libyenne-libyenne », fondée sur le dialogue entre les différentes parties et préservant l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.
Il a également réaffirmé la solidarité de la Tunisie avec le Liban et son attachement à sa souveraineté et à son indépendance. La Tunisie a, par ailleurs, exprimé son soutien à l’unité et à la souveraineté de la Syrie, appelé à la fin des hostilités au Soudan et renouvelé son appui à une solution politique durable à la crise yéménite.
Sur les enjeux internationaux de développement, le ministre a plaidé pour une approche de la migration qui dépasse le seul prisme sécuritaire. Les conflits, la pauvreté, les inégalités et le manque de perspectives économiques doivent, selon Tunis, être pris en compte dans toute stratégie internationale.
Migration, climat et intelligence artificielle
Mohamed Ali Nafti a réitéré parallèlement le refus de la Tunisie devenir un pays d’installation pour les migrants irréguliers, tout en mettant en avant les efforts engagés pour secourir les personnes en détresse, protéger leurs droits et lutter contre les réseaux de traite et de trafic.
Sur le climat, le chef de la diplomatie tunisienne a plaidé pour une véritable justice climatique et pour un financement international accru en faveur des pays en développement. Il a demandé également une réforme de l’architecture financière internationale afin de faciliter l’accès des économies vulnérables au financement, à la technologie et à l’investissement.
L’intelligence artificielle et la transformation numérique figurent également parmi les priorités évoquées. Il a estimé que le développement de ces technologies devrait être accompagné d’une gouvernance internationale inclusive, afin d’éviter qu’elles ne creusent davantage la fracture numérique entre le Nord et le Sud.
N.J










