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Je ne peux pas et je ne veux pas croire à ces vraies fausses vérités

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Par Sofiene Ben Hamida

    Par Sofiene Ben Hamida

    Il existe des évidences qui circulent dans le pays mais qui ne résistent pas à la plus simple réflexion. Ces vraies fausses vérités sont partout, parmi toutes les catégories de la société, sans trop connaitre leurs sources ou leurs origines. Elles ne sont vraies que parce qu’elles sont reprises par le plus grand nombre. En réalité, ces « vérités » sont fausses. Elles n’ont subi aucune authentification.

    C’est la redondance, la répétition à outrance et une bonne dose de paresse intellectuelle qui donnent à certaines idées farfelues l’apparence de vérités certaines, évidentes et absolues.

    Bien entendu, les périodes de crises aigues sont très propices pour la diffusion de ces évidences et ces vérités qui n’en sont pas. Ce sont des périodes où la société est gravement fragilisée à tous les niveaux, ce qui la rend une proie facile à toutes les idées saugrenues, qui ont toutefois le mérite d’apaiser les esprits tourmentés.

    Sans la ténacité, la persévérance et le courage de quelques intellectuels et leaders d’opinion qui continuent, tant bien que mal à faire face à la déferlante d’ignorance populiste, le pays serait déjà revenu à la période où régnait les marabouts, les diseuses de bonnes aventures et les charlatans de tout genre.

    Pour ma part, je ne peux pas et je ne veux pas croire à plusieurs idées qui circulent largement dans le pays et qui sont diffusées comme si elles étaient des vérités.

    Le Tunisien n’est ni ignoble ni irrémédiablement perdu

    Je ne peux pas et je ne veux pas croire que le Tunisien est ignoble, abject, méprisable, vil, malhonnête et moralement répugnant. Cette idée qui est de plus en plus répandue depuis quelques années parmi toutes les franges de la société, trouve ses arguments dans les comportements agressifs et les incivilités des jeunes et des moins jeunes dans la rue, les administrations, les marchés et sur la route.

    Ces comportements grossiers choquent, désolent et révoltent ceux qui continuent de rêver d’une Tunisie moderne, chaleureuse, fraternelle et où il fait bon vivre. Mais ces comportements ne sont que la manifestation de la crise. Ils disparaitront aussitôt les craintes dissipées et les peurs des lendemains éloignées. Il ne faut pas sous-estimer que le Tunisien a vécu depuis la moitié du 18éme siècle, sans discontinuité, sous un État centralisé. Il a appris le vivre ensemble, même si durant toute cette période, ses droits de citoyen ont souvent été bafoués.

    Durant les premiers mois de la révolution, les marques de solidarité, de fraternité et de dévouement, innombrables, ont montré la vraie nature du Tunisien : un être paisible, qui aime son prochain et qui est transcendé par l’espérance d’un avenir meilleur pour lui et pour ses enfants.

    Quant aux idées martelées par les réseaux sociaux à longueur de journée et qui donnent l’impression de l’existence d’une opinion dominante, ce ne sont que des leurres fabriqués par des algorithmes et à qui il ne faut accorder aucun crédit.

    Le président de la République est responsable, mais la Tunisie a un avenir

    L’autre idée répandue parmi ceux qui continuent à soutenir Kaïs Saïed, consiste à le dédouaner et à disculper le président de la République de toute responsabilité dans les problèmes graves que connait le pays.

    Pour ma part, Je ne peux pas et je ne veux pas croire que le président de la République n’est pas responsable de ce qui se passe dans le pays. Ça serait l’offenser si je pensais cela de lui. Au contraire, je crois que le président de la République est le seul et l’unique responsable de ce qui se passe dans le pays.

    Il a accepté d’assumer cette lourde responsabilité quand il a écrit sa constitution, un certain mois de juillet 2022 et a rédigé ses articles 87,100,101,102,104,111 et 112.

    Il est donc le responsable de la politique du pays dans tous les domaines, des ratés de cette politique dans tous les domaines, des crises, des pénuries et de la misère de ses administrés. Il est aussi responsable de l’incompétence avérée de ses ministres et de ses collaborateurs.

    Après cinq années de pouvoir absolu, le discours de complot, longtemps utilisé comme bouclier, commence à s’éroder et ne convainc plus grand monde.

    Enfin, je ne peux pas et je ne veux pas croire que ma Tunisie est définitivement perdue et que notre avenir sera plus difficile que notre vécu. Au contraire, je crois fortement que demain sera meilleur et que l’avenir de notre pays sera radieux. Je crois à la capacité de résilience de ce pays. Je crois à sa jeunesse qui a été bercée dans un climat de liberté et qui porte encore le rêve de l’épanouissement. Je crois que même si nous sommes au creux de la vague, nous ne coulerons pas et nous atteindrons les rivages de la liberté, de la dignité et de l’allégresse. Il faut juste être patient et accepter d’en payer le prix.     

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    5 commentaires

    1. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      28 septembre 2026 | 13h49

      Bonjour je voudrais attirer votre attention sur le fait qu’il y a deux types differents de responsabilité. La responsabilité pénale et la responsabilité economique ou politique.
      Un responsable économique ou politique peut echouer dans l’execution de son mandat vis a vis de ses compatriotes. Mais cet echec ne releve pas nécessairement du domaine penal.
      Par exemple, si les idées qu’il a suivies pour realiser les objectifs attendus par la population et pour lesquels il setait engagé, se sont avérées idiotes ou farfelues, il n’a pas commis de crime en conduisant le pays dans le mur. Il a juste pas compris ce qu’il fallait faire. La tache qui lui semblait realisable avant la prise de responsabilité, s’est avérée plus complexe.
      Mais si il s’est sciemment comporté en trahissant les principes moraux qu’il a affichés pour attirer la sympathie de ses compatriotes, alors c’est moralement repréhensible. Ça peut devenir du pénal selon la gravité de l’entourloupe et de ses consequences sur ses compatriotes.
      Moi aussi je suis triste pour ce qu’on observe comme regressions et betises pour notre pays. Mais si on continue a taper sur nos dirigeants sans distinguer ce qui releve de leur droiture morale de ce qui est du a leur possibilités intellectuelles, on ne tirera pas de leçon de notre histoire et on restera dans le cercle fermé de la misère et de la fragilité.
      La Tunisie a besoin de ce penre de discernement pour avancer. Honnetement, sans ça, il n’y aura pas d’avenir radieux.
      Le pouvoir bourguibien n’a pas ete un bon exemple de discernement vis a vis des beys qui ont qd meme assuré une certaine solidité du pays pendant des siecles. Une phrase lapidaire a suffit a jeter a la poubelle des generations d’experience politique, economique, artisanale…
      Regardez ou en est aujourd’hui notre artisanat, jadis florissant, en comparaison du maroc.
      L’invasion française de 1881 ne devrait pas leur etre reprochée moralement. Ça a ete une deferlante pour tous les pays musulmans. Par contre, l’independance a eu lieu sous leur regne. Il ne faut pas oublier le role de moncef bey. Ils en ont donc une part du merite.
      Aujourd’hui, de nouveau, on a un probleme de discernement, de rejet indifferencié des predecesseurs et de gaspillage de decennies d’experience economique, industrielle… il est inevitable que ça coutera cher au pays
      En comparaison, et sans justifier les derives jihadistes, dieu m’en preserve, la periode nahdha a ete plus conciliante et a favorisé une certaine comprehension entre les tendances. Il y a eu des exces a eviter, mais la tunisie a commencé a se regarder en face et a se construire, pas economiquement mais au moins moralement.

    2. Vladimir Guez

      Répondre
      28 septembre 2026 | 8h55

      « Je ne veux pas croire ».
      La phrase qui a elle seule résume la mécanique du déni , qui avec l’hypocrisie forme les deux mamelles de la psyché du tunisien.
      Le tunisien qui n’a rien accompli en 60 années d’indépendance , n’est responsable de rien.
      C’est le président qui est responsable, mais comme il est aussi tunisien, il n’est responsable de rien . Cqfd
      Vraiment affligeant.

      • Hannibal

        Répondre
        28 septembre 2026 | 9h44

        Peut-être que vous et moi faisons erreur ?
        C’est peut-être une stratégie de BN de carresser de temps en temps le « responsable » dans le sens des poils pour des raisons alimentaires ?

    3. Hannibal

      Répondre
      27 septembre 2026 | 21h30

      @SBH
      Vous écrivez « Il faut juste être patient et accepter d’en payer le prix »
      Quel prix ?
      Vous ne trouvez pas que le prix payé jusqu’à maintenant dépasse la limite de l’acceptable ?
      La phase de la patience est malheureusement infructueuse. Il faut passer à l’action.
      Je n’ai aucun espoir pour que le responsable comprenne la situation.
      Il ne faut pas rajouter de l’immobilisme à l’immobilisme !

    4. Fares

      Répondre
      27 septembre 2026 | 17h04

      Merci M. Ben Hmida pour cet article. Si le locataire de Carthage, pendant un bref instant de clairvoyance et d’honnêteté envers lui même, lise cet article au lieu de se laisser bercer par les murmures de son entourage, famille et ancienne amante inclus.

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