La Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a exprimé sa solidarité avec Yakin, l’adolescente de quinze ans agressée et actuellement hospitalisée, ainsi qu’avec sa famille. Face à une affaire qui a suscité une forte émotion, l’organisation insiste sur l’urgence du signalement, la prise en charge de la victime et la protection de son identité.
Dans une série de publications diffusées mardi 29 septembre 2026 sur les réseaux sociaux, la LTDH a estimé que les violences subies par l’adolescente constituaient une grave atteinte aux droits de l’enfant, à son intégrité physique et psychologique ainsi qu’à sa dignité.
L’organisation a surtout insisté sur la nécessité d’agir immédiatement lorsqu’un enfant disparaît. « N’attendez pas 24 heures ! », a-t-elle lancé, précisant que la législation tunisienne n’imposait pas d’attendre un tel délai avant d’entamer les démarches.
Pour la LTDH, dès le signalement de la disparition d’un enfant ou d’un mineur, la situation doit être traitée avec le sérieux et la rapidité nécessaires et les mesures indispensables doivent être prises pour assurer sa protection et sa sécurité.
« La protection des enfants commence dès le signalement », a-t-elle souligné. La Ligue énumère ainsi plusieurs étapes qu’elle juge indissociables : prévention, signalement, intervention urgente, protection, prise en charge et justice.
Au-delà de l’intervention immédiate, la LTDH insiste sur la prise en charge médicale de la victime ainsi que sur l’accompagnement psychologique et social. Elle réclame également un accès à la justice sans pression ni intimidation, parallèlement à la recherche de la vérité et à la détermination des responsabilités conformément à la loi.
La Ligue met par ailleurs l’accent sur la nécessité de ne pas exposer davantage l’adolescente. « L’enfant est une victime et non une responsable », rappelle-t-elle, soulignant que son droit à la protection, à la vie privée et à la prise en charge ne saurait être remis en cause.
Elle appelle ainsi à ne pas transformer l’affaire en campagne de stigmatisation de la victime et à ne pas diffuser les détails de sa vie ou de son expérience personnelle. La LTDH rappelle également les dispositions de l’article 121 du Code de protection de l’enfant relatives à la publication ou à la diffusion de textes ou d’images permettant de révéler l’identité d’un enfant, qu’il soit victime ou mis en cause.
Pour l’organisation, la protection de l’enfant doit également guider les procédures engagées après les faits. L’intérêt supérieur de l’enfant, sa dignité ainsi que son intégrité physique et psychologique doivent rester prioritaires, afin que les mesures de protection ou les procédures judiciaires ne deviennent pas une nouvelle source de traumatisme.
La LTDH a enfin exprimé sa « solidarité totale » avec Yakin et sa famille.
L’adolescente demeure hospitalisée, tandis que l’enquête se poursuit pour établir avec précision les circonstances de l’agression et déterminer les responsabilités. Deux personnes avaient été arrêtées dans le cadre de l’enquête, tandis que les investigations se poursuivaient pour retrouver deux autres individus soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire.
M.B.Z












