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Renault 8 Gordini Concept : la « Gorde » passe à l’électrique sans renier son tempérament

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Par Imen Nouira

    Renault replonge dans l’une des pages les plus emblématiques de son histoire sportive. Avec la Renault 8 Gordini Concept, dévoilée le 24 septembre 2026, la marque au losange imagine ce que pourrait devenir aujourd’hui la célèbre « Gorde » : un coupé électrique biplace de 270 chevaux, radical dans ses proportions et largement inspiré de l’univers du rallye. Un exercice de style assumé, réalisé en un exemplaire unique et qui n’a pas vocation à être commercialisé.

    L’intérêt de cette création est donc ailleurs que dans une éventuelle arrivée sur le marché tunisien : elle montre comment Renault transpose dans l’ère électrique une voiture qui a marqué plusieurs générations de passionnés, tout en conservant certains de ses codes les plus reconnaissables.

    De la Renault 8 Gordini de 1964 à un coupé électrique de 270 chevaux

    La filiation remonte à 1964. La Renault 8 Gordini associait alors un moteur de 95 chevaux à une architecture à moteur arrière et roues arrière motrices. Performante mais exigeante à piloter, elle s’était forgé une réputation de « voiture-école » auprès de toute une génération de conducteurs et de pilotes. En déclinant une voiture de grande série en version sportive sous la signature Gordini, Renault avait également contribué à démocratiser la performance, une décennie avant l’émergence du phénomène GTI.

    Derrière ce nom se trouve Amédée Gordini, mécanicien et préparateur surnommé le « sorcier », dont la collaboration avec Renault avait commencé dès 1957 avec la Dauphine Gordini. La Renault 8 Gordini allait ensuite durablement associer son nom à la compétition et à la fameuse double bande blanche.

    Plus de soixante ans après l’originale, la recette change radicalement. La nouvelle interprétation abandonne les quatre portes au profit d’une carrosserie de coupé deux portes et adopte une motorisation entièrement électrique développant 270 chevaux. La propulsion est, elle, conservée dans son principe malgré le passage à l’électrique, clin d’œil à l’architecture de son ancêtre.

    Renault ne communique en revanche ni capacité de batterie, ni autonomie, ni couple, ni performances ou caractéristiques de recharge.

    Les codes de la « Gorde », sans tomber dans le rétro

    Le gabarit donne immédiatement le ton : 4,12 mètres de longueur, 1,88 mètre de largeur et seulement 1,27 mètre de hauteur. Les roues mesurent 19 pouces à l’avant et vingt pouces à l’arrière. Très basse, très large, campée sur ses roues et dotée d’ailes particulièrement prononcées, la Renault 8 Gordini Concept évoque davantage une machine de rallye contemporaine qu’une sage réinterprétation rétro.

    Sa carrosserie est réalisée en carbone. Les designers ont cependant préféré puiser dans les signatures historiques de la Gordini plutôt que de simplement reproduire ses formes. La face avant conserve ainsi l’idée des projecteurs additionnels des anciennes versions de rallye, transformés ici en une signature lumineuse composée de six optiques rondes. Les passages de roue rectangulaires, les rétroviseurs en forme d’obus et plusieurs détails de carrosserie font également référence au modèle historique.

    Impossible, surtout, de ressusciter une Gordini sans ses deux bandes blanches. Sur le concept, elles ne sont plus seulement décoratives : Renault en fait un véritable axe de composition du véhicule. Elles structurent plusieurs éléments du dessin et se prolongent jusque dans l’habitacle, où elles passent du blanc au bleu. Le fameux bleu associé à la Gordini historique est lui aussi réinterprété à travers une peinture tricouche destinée à donner davantage de profondeur à la carrosserie.

    Renault revendique parallèlement une inspiration « café racer », empruntée à l’univers des motos anciennes modernisées en supprimant le superflu. Cette philosophie se traduit par des lignes épurées, la suppression de plusieurs lignes d’accostage de la carrosserie et un bloc avant qui s’enlève d’une seule pièce, à la manière de certaines voitures de course.

    Le dessin définitif est lui-même le résultat d’un concours interne. Plus de 300 esquisses ont été proposées par les designers de Renault, allant du rétro aux interprétations futuristes. Après une première sélection, deux projets ont été développés sous forme de maquettes à l’échelle 2/5 avant que leurs éléments ne soient réunis dans une nouvelle synthèse.

    Un habitacle dépouillé et tourné vers le conducteur

    À bord, Renault poursuit le même jeu entre références historiques et traitement contemporain. La planche de bord reprend l’organisation horizontale de la Renault 8 originelle, mais la transpose avec une large pièce en aluminium brossé et plusieurs cadrans ronds devenus des écrans numériques.

    Les matériaux plastiques ont été écartés au profit de l’aluminium brossé et de l’Alcantara. Les sièges baquets font référence aux assises de l’époque, tandis que les surpiqûres des contreportes évoquent les vibreurs d’un circuit. Un déclencheur de chronomètre, signalé par un point rouge au centre du tableau de bord, complète cette ambiance tournée vers le pilotage.

    Le nombre de pièces a volontairement été limité et l’instrumentation reste regroupée sous une ligne de ceinture basse afin de dégager le champ de vision du conducteur. La double bande caractéristique de la Gordini pénètre également dans l’habitacle et se prolonge sur la casquette du tableau de bord.

    Renault ne détaille par ailleurs ni dotation de confort ou de connectivité, ni dispositifs de sécurité ou aides à la conduite. La Renault 8 Gordini Concept est avant tout présentée comme une démonstration de design et de savoir-faire, et non comme un véhicule de série dont il faudrait énumérer les équipements.

    Après sa première mondiale le 24 septembre, la Renault 8 Gordini Concept sera présentée au public au Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre 2026. Plus qu’une annonce de produit, Renault livre ici une démonstration de ce que son patrimoine peut devenir à l’heure de l’électrique : conserver le caractère et les signes distinctifs d’une sportive née dans les années 1960, sans chercher à la reproduire à l’identique.

    I.N.

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