Détenu depuis près de sept mois à la prison de la Mornaguia, Ghassen Henchiri, membre de la coordination tunisienne de la Flottille Al Soumoud, a annoncé, jeudi 1er octobre 2026, la fin de sa grève de la faim entamée il y a 22 jours. Dans un communiqué adressé à l’opinion publique depuis la prison de la Mornaguia, il explique cette décision par l’épuisement de cette forme de protestation et la dégradation de son état physique.
Une grève de la faim entamée il y a 22 jours
Ghassen Henchiri indique avoir décidé de mettre fin à sa grève de la faim en raison notamment de l’affaiblissement de son état de santé. Il affirme que son corps est désormais « amaigri et malade », évoquant également les douleurs dont il souffre.
Il précise toutefois que la fin de cette grève ne signifie pas l’arrêt de son engagement, assurant que « la lutte continue » et que « la détermination demeure ».
Une date symbolique
Dans son communiqué, Ghassen Henchiri revient sur le 1er octobre, date qui marque, selon lui, le premier anniversaire de son arrestation par les forces israéliennes, à quelques milles de Gaza. Il rappelle avoir ensuite été détenu dans la prison du Néguev, où il affirme avoir observé une grève de la faim ouverte.
Il estime que cette première année constitue une date symbolique dans son parcours, alors qu’il se trouve aujourd’hui détenu dans une prison tunisienne pour son engagement en faveur de la cause palestinienne et des causes de libération nationale.
Un engagement revendiqué pour la cause palestinienne
Ghassen Henchiri affirme inscrire son engagement dans la continuité des luttes menées par des Tunisiens depuis 1948. Il cite notamment Imran Maqdami et Mohamed Zouari, qu’il présente comme des figures de cette histoire militante.
Il estime ainsi qu’aucune autorité ne peut, selon lui, criminaliser le soutien à la cause palestinienne, qu’il qualifie de « cause la plus juste ».
Le souvenir du bombardement de Hammam Chott
Le détenu rappelle également que le 1er octobre marque le 41e anniversaire du bombardement israélien de Hammam Chott, survenu le 1er octobre 1985.
Il considère cet événement comme un épisode ayant renforcé l’attachement de la Tunisie et de sa population à la cause palestinienne, en raison notamment du fait que les victimes tunisiennes et palestiniennes avaient été touchées lors de cette attaque.
En mettant fin à sa grève de la faim, Ghassen Henchiri affirme donc renoncer à cette forme d’action après 22 jours, tout en réaffirmant la poursuite de son engagement en faveur de la Palestine et des personnes détenues en Tunisie pour leur soutien à cette cause.
Pour rappel, Ghassen Henchiri est détenu depuis mars 2026 dans le cadre de l’affaire liée à la Flottille Soumoud. Le juge d’instruction près le Pôle judiciaire économique et financier a prolongé, le 11 septembre, de quatre mois le mandat de dépôt le visant, ainsi que ceux de Wael Naouar, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi.
Ghassen Henchiri et Ghassen Boughdiri avaient entamé une grève de la faim le 10 septembre, selon la Coordination du travail commun pour la Palestine. Ils réclamaient leur libération, celle de leurs compagnons ainsi que l’abandon des charges retenues contre eux.
De son côté, l’activiste Wael Naouar avait annoncé, mercredi 23 septembre 2026, la suspension de sa grève de la faim, entamée 38 jours auparavant pour protester contre la poursuite de sa détention. Dans un message publié sur Facebook par son avocat Sami Ben Ghazi, Naouar avait expliqué avoir pris cette décision à la suite des appels de plusieurs organisations, forces politiques et civiles, personnalités indépendantes ainsi que de son comité de défense, qui suivait, selon lui, de près l’évolution de son état de santé.
S.H











