L’ancien député Majdi Karbai s’est interrogé, vendredi 2 octobre 2026, sur le fonctionnement des représentations diplomatiques tunisiennes à l’étranger, estimant que le débat sur les postes vacants dans les ambassades et consulats ne devait pas faire oublier l’essentiel notamment le service rendu aux Tunisiens à l’étranger.
Dans un post publié sur Facebook, l’ancien député affirme que douze consulats tunisiens seraient actuellement sans consul général et que 27 ambassades seraient sans ambassadeur. Il cite notamment la France, qui accueille la plus importante communauté tunisienne à l’étranger, et qui aurait, selon lui, passé deux années sans consul général. L’Italie, qui abrite la deuxième plus importante communauté tunisienne, aurait quant à elle connu une période de plus d’une année sans ambassadeur et sans consul général à Rome.

Mais pour Majdi Karbai, le véritable problème est ailleurs. « Est-ce que nous, en tant que communauté, avons remarqué cette absence ou en avons été affectés ? », s’interroge-t-il. Sa réponse est pour le moins directe : « Personnellement, non, et je ne pense pas que la communauté soit inquiète ».
L’ancien député estime que, dans de nombreux cas, la présence ou l’absence d’un responsable diplomatique ne change plus grand-chose dans le quotidien des citoyens tunisiens à l’étranger. Et pour illustrer son propos, il cite le cas d’un jeune Tunisien hospitalisé à l’Ospedale del Mare, à Naples, après un accident. Seul et sans assistance, le jeune homme souhaiterait simplement que sa mère puisse être à ses côtés. Selon Majdi Karbai, une telle situation devrait normalement relever du suivi des services consulaires et sociaux, sans que la mobilisation ne dépende de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.
Le constat dressé par l’ancien député ne s’arrête pas là. Il évoque également les Tunisiens confrontés à la saisie de leurs véhicules par les autorités douanières italiennes, ceux qui perdent leurs documents administratifs ou encore les citoyens qui cherchent simplement à obtenir une information ou une assistance, sans parvenir, selon lui, à trouver un numéro de téléphone fonctionnel ou un interlocuteur disponible.
Les situations liées aux prisons, aux centres de détention et aux procédures d’expulsion sont également citées. Majdi Karbai évoque notamment le cas d’un Tunisien décédé dans un centre de détention, dont la famille aurait appris la nouvelle plusieurs jours plus tard, ainsi que d’autres situations dans lesquelles des personnes se retrouvent isolées et coupées de leurs proches.
L’ancien député aborde également la question des allocations et des démarches administratives concernant les enfants de Tunisiens établis à l’étranger. Pour lui, derrière une procédure administrative se trouve parfois le parcours scolaire et l’avenir d’un enfant. « Pour la famille, la bourse n’est pas un papier administratif, mais l’avenir d’un fils ou d’une fille », souligne-t-il.
Pour Majdi Karbai, le débat ne devrait donc pas se limiter au nombre de bureaux ouverts, de diplomates nommés ou de postes occupés. « Le problème n’est pas de savoir si l’ambassade est pleine ou vide. Le problème est le rôle qu’elle joue », résume-t-il.
Dans le même registre, il interpelle également des structures telles que la FIPA et le CEPEX. Si leurs missions sont connues sur le papier, l’ancien député affirme ne pas voir leur impact de manière suffisamment concrète sur le terrain. Il revient notamment sur l’Expo Milano, estimant que l’écart entre le pavillon tunisien et ceux du Maroc et de l’Égypte était alors particulièrement visible.
Le message de Majdi Karbai se termine sur une critique plus générale du fonctionnement de la diplomatie tunisienne. Selon lui, les Tunisiens établis à l’étranger n’ont pas besoin de responsables « venus seulement pour le poste, les relations et les avantages du FCR », mais d’institutions capables d’intervenir lorsqu’un citoyen rencontre une difficulté.
L’ancien député ne manque pas de piquant. Évoquant l’idée de transformer le ministère des Affaires étrangères en « société communautaire », il lance, sur un ton ironique : « Oui, une société communautaire, puisque aujourd’hui le ministère des Affaires étrangères est devenu réservé aux familles et aux proches ? ».
R.A.










