L’ouverture des inscriptions aux crédits d’honneur, mercredi 1er octobre 2026, a réservé quelques mauvaises surprises aux demandeurs. Alors que certains avaient préparé leurs dossiers pour s’inscrire dès les premières heures, d’autres ont découvert au dernier moment les documents exigés par les banques. Une situation que l’économiste et expert financier Moez Hadidane a commentée, jeudi 2 octobre 2026, lors de son intervention sur Express FM.
Pour Moez Hadidane, les difficultés rencontrées dès le premier jour auraient pu être évitées grâce à une meilleure anticipation. Il a notamment regretté que les demandeurs n’aient pas été informés suffisamment tôt des pièces à fournir, certaines nécessitant plusieurs jours pour être obtenues.
Des documents qui auraient dû être annoncés quinze jours à l’avance
Moez Hadidane a estimé qu’il aurait été préférable que la Banque centrale fixe elle-même la liste des documents exigibles par les établissements bancaires. À défaut, chaque banque aurait pu être tenue de publier ses exigences sur son site internet dès le 15 septembre, soit quinze jours avant l’ouverture des inscriptions.
Cette solution aurait permis aux clients de réunir les pièces nécessaires et d’éviter de découvrir, au moment du dépôt de leur demande, que leur dossier était incomplet.
L’économiste a également évoqué une autre possibilité : autoriser les demandeurs à s’inscrire tout en s’engageant à fournir ultérieurement les documents manquants. Ils auraient ainsi pu conserver leur place dans l’ordre chronologique des inscriptions, sous réserve de compléter leur dossier avant l’octroi du crédit.
Il a toutefois reconnu qu’une modification des règles après l’ouverture des inscriptions serait désormais difficile, certaines personnes ayant préparé leurs documents et déposé leur demande dès minuit.
Des exigences différentes d’une banque à l’autre
L’économiste a également soulevé la question des disparités entre les établissements bancaires. Il a notamment cité l’exemple de certaines banques privées qui réclament un historique des déclarations auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), contrairement à d’autres établissements.
Une différence susceptible d’exclure certains demandeurs, notamment ceux qui ne disposent pas d’un historique CNSS, alors qu’ils pourraient présenter un dossier recevable auprès d’une autre banque.
Moez Hadidane s’est également interrogé sur l’utilité d’exiger des clients une attestation relative à leurs engagements financiers auprès du secteur bancaire, alors que les banques disposent déjà de ces informations à travers les systèmes de la Banque centrale.
Ces différences soulèvent, à ses yeux, la question de l’égalité de traitement des demandeurs. Deux personnes présentant des situations similaires pourraient ainsi voir leurs dossiers traités différemment selon les exigences de l’établissement choisi.
Un engouement qui aurait surpris les banques elles-mêmes
Interrogé sur l’affluence enregistrée dès l’ouverture des inscriptions, Moez Hadidane a indiqué que les banques s’attendaient à une demande importante, mais probablement pas d’une telle ampleur.
Il a précisé que les 17 banques concernées ont réalisé des bénéfices cumulés de 1.787,3 millions de dinars en 2025. Les 8% destinés au dispositif représenteraient ainsi une enveloppe d’environ 143 millions de dinars.
En retenant l’hypothèse d’une répartition à parts égales entre les entreprises et les particuliers, 71,5 millions de dinars seraient consacrés à chacune de ces catégories. Pour les particuliers, cette enveloppe permettrait de financer 14.300 bénéficiaires, à raison de 5.000 dinars chacun.
Un chiffre à mettre en perspective avec l’engouement observé dès le premier jour. L’économiste a évoqué un nombre de demandes qui aurait dépassé la centaine de milliers, sans présenter ce chiffre comme un bilan officiel.
Au-delà de l’affluence, son intervention a ainsi mis en évidence les difficultés rencontrées par les demandeurs face à des procédures bancaires différentes, dans un dispositif où l’ordre de dépôt des dossiers constitue un critère déterminant.
M.B.Z










