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Zied El-Heni réclame sa présence physique à son procès le 16 octobre

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Par Sarra Hlaoui

    Depuis la prison de la Mornaguia, le journaliste Zied El-Heni a adressé une lettre à la présidente de la chambre criminelle spécialisée dans les affaires terroristes près le tribunal de première instance de Tunis. Il y demande à assister en personne à la prochaine audience, prévue le 16 octobre 2026, estimant que sa participation à distance ne lui permet pas de suivre correctement les débats.

    Dans une publication diffusée vendredi 2 octobre sur sa page Facebook, le journaliste précise avoir transmis sa demande le 28 septembre par l’intermédiaire de l’administration pénitentiaire. Il rappelle qu’il comparaît en état de liberté et évoque les difficultés rencontrées lors de la précédente audience à distance, notamment en raison de problèmes d’audition et de vue, ainsi que d’une mauvaise couverture technique. Il affirme n’avoir ainsi rien compris aux échanges dans la salle d’audience.

    Des accusations contre un magistrat

    Dans sa lettre, Zied El-Heni accuse le substitut du procureur de la République chargé de l’enquête d’avoir transformé son statut de témoin en celui de suspect. Il estime que cette décision visait à exercer des pressions sur lui, à l’intimider et à le contraindre à remettre son téléphone pour saisie et inspection.

    Le journaliste considère également que cette démarche aurait pour objectif de révéler illégalement ses sources, en violation de l’article 11 du décret-loi n° 115 de 2011 relatif à la liberté de la presse.

    « Le journalisme n’est pas un crime »

    Zied El-Heni revient par ailleurs sur les éléments mentionnés dans la décision de renvoi, selon lesquels il aurait échangé avec Mondher Ounissi et Shahrazed Akacha au sujet d’un contact entre ces derniers et obtenu de la journaliste un document relatif à une affaire judiciaire en cours. Il s’agirait, selon lui, de la décision de clôture de l’instruction dans l’affaire ayant conduit au renvoi de sa consœur Chatha Ben Haj Mabrouk.

    Le journaliste défend la légitimité de ces démarches dans le cadre de son travail. Il affirme que les entretiens, y compris avec des dirigeants d’organisations terroristes comme Oussama Ben Laden, relèvent de l’activité journalistique. Il ajoute que l’obtention de documents officiels peut contribuer à enrichir les enquêtes, à vérifier les informations et à garantir leur fiabilité auprès du public.

    « La presse n’est pas un crime et le travail journalistique n’est pas du terrorisme », écrit-il dans sa lettre.

    S.H

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