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Gibert Jeune remplacé par un restaurant de burgers : une page se tourne à Saint-Michel

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Par Raouf Ben Hédi

    Le troisième restaurant parisien de la chaîne belge Manhattn’s Burgers a ouvert ses portes vendredi 2 octobre, au 10 place Saint-Michel, dans l’ancien local de Gibert Jeune, cette librairie d’occasion aux façades jaunes qui incarnait plus qu’une enseigne, a annoncé la presse française.

    Pour les Parisiens comme pour les visiteurs étrangers, ces façades restaient associées aux livres, aux étudiants, aux longues heures passées à chercher un ouvrage à prix accessible. C’était l’accès aux auteurs qu’on ne pouvait pas se payer neuf, aux ouvrages qu’on ne trouvait pas forcément ailleurs, l’odeur des murs marqués par générations de flâneurs et de chercheurs perdus.

    Les riverains du quartier, les habitués, parlent d’une « mise à mort lente » d’un Paris qui se vend au mètre carré, qui abandonne les librairies pour les franchises. « Un burger à la place d’un livre », murmurent-ils.

    Ce qui se joue dépasse les frontières de la place Saint-Michel

    Gibert Jeune était aussi Paris pour les Tunisiens. Générations après générations, ils y ont cherché l’impensable : des livres français rares, des éditions introuvables à Tunis, des trésors à prix d’étudiant. Une promesse d’emporter un peu de culture, de Baudelaire à Camus, dans une valise où les livres finissaient par prendre plus de place que les vêtements.

    Les nouveaux occupants, conscients de cet héritage, ont cru bon de le commémorer. L’un de leurs burgers porte désormais le nom « Gibert Cheese ». Si le nom de Gibert reste bien au menu, les livres, eux, ont définitivement laissé leur place aux burgers, au grand dam des nostalgiques.

    R.B.H

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    Commentaire

    1. Gg

      Répondre
      3 octobre 2026 | 21h58

      C’est la dématérialisation, on lit en ligne, sur des tablettes, mais beaucoup moins et on perd le contact charnel avec le livre.
      Même phénomène pour la musique. Perso j’ai plus de 300 disques vinyle, autant de CD, et il est clair que le streaming s’impose peu à peu.
      Mais on ne trouve pas tout, en streaming, les disquaires disparaissent.
      Aaaah…. la 8eme symphonie de Schubert par Gunter Wand sur vinyle, c’est un diamant. Indisponible en streaming. Et la qualité sonore est moins bonne!
      C’est l’époque, le livre disparaît, la HIFI disparaît…

    Répondre

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