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Des patrouilles en civil pour traquer les infractions routières

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Par Imen Nouira

    La Police de la circulation expérimente depuis environ une semaine un nouveau dispositif : des patrouilles d’agents en civil chargées de repérer les infractions routières, de les documenter et de permettre l’établissement des contraventions. Une mesure destinée notamment à renforcer les contrôles dans les zones où certains automobilistes profitent de l’absence d’agents en uniforme pour enfreindre le Code de la route.

    Le directeur de la Police de la circulation au ministère de l’Intérieur, le colonel-major Sami Rachikou, est revenu, lundi 5 octobre 2026, sur cette expérience, dans une déclaration diffusée par le bulletin d’information de 10 heures de Mosaïque FM.

    Selon lui, le dispositif a été décidé dans le cadre de l’évaluation périodique des performances des patrouilles et, plus largement, de la situation de la circulation. Celle-ci a notamment fait ressortir une augmentation importante des infractions au Code de la route au cours des dernières années.

    Des infractions commises dès que les agents disparaissent

    Le responsable a expliqué que, pendant les heures de pointe, les agents de la circulation sont principalement mobilisés au niveau des grands carrefours et des principaux axes, notamment aux entrées et sorties de la capitale, afin de fluidifier le trafic et de limiter les embouteillages.

    Cette concentration des effectifs laisserait cependant davantage de latitude à certains conducteurs dans les zones où les agents en uniforme sont absents. Une fois les carrefours et les grands axes franchis, certains automobilistes recommenceraient ainsi à enfreindre les règles de circulation.

    Sami Rachikou y voit notamment la conséquence d’un « sentiment d’impunité » chez certains conducteurs. C’est dans ce contexte que la Police de la circulation a décidé de déployer des patrouilles en civil dans les secteurs où les infractions sont récurrentes.

    Les agents concernés peuvent constater l’infraction et la documenter par des photographies. La contravention est ensuite établie sur la base du constat et adressée au conducteur concerné. Les images peuvent également servir de moyen de preuve si celui-ci conteste le procès-verbal.

    Le colonel-major a assuré que le recours à des agents en civil pour constater les infractions est autorisé par la législation, tout en rappelant que le contrevenant conserve son droit de contestation conformément aux procédures légales.

    Une étape transitoire avant le déploiement des caméras

    La photographie des infractions par les agents constitue toutefois une étape transitoire, dans l’attente de l’achèvement de l’installation des caméras de surveillance destinées à relever les infractions routières. Aucun calendrier pour l’achèvement de ce dispositif n’a été avancé.

    L’expérience des patrouilles en civil est, elle, déjà en cours et menée suivant un programme hebdomadaire établi par la direction des opérations, qui détermine les secteurs nécessitant une surveillance renforcée. Vendredi, les patrouilles ont ainsi été déployées au Centre urbain nord, où un nombre important d’infractions a été constaté. Samedi, les interventions se sont concentrées dans les rues de la capitale, notamment sur les infractions liées au stationnement.

    Le dispositif concerne également certains points où les infractions perturbent régulièrement la circulation du métro, notamment sur la voie reliant Ariana à La Soukra. Sur ce dossier, la Police de la circulation travaille en coordination avec le ministère du Transport afin d’identifier des solutions techniques.

    À travers cette expérience, la Police de la circulation entend assurer le respect des règles de circulation de manière continue, et non uniquement dans les endroits où des agents en uniforme sont visibles.

    I.N.

    *Photo d’illustration

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    2 commentaires

    1. HatemC

      Répondre
      5 octobre 2026 | 19h11

      Ce constat met en avant les failles d’une mesure répressive isolée lorsqu’elle est appliquée dans un environnement où tout le système routier est défaillant.

      Mettre des patrouilles en civil pour verbaliser peut sembler une fausse bonne idée si l’État se contente de punir sans traiter les causes profondes du chaos routier

      Une vraie politique de sécurité routière ne se limite pas à piéger le conducteur au tournant. Elle doit associer la répression à la réhabilitation des infrastructures, à la modernisation des radars automatiques et à la lutte contre la corruption dans l’octroi des permis et des visites techniques

      Les patrouilles en civil ne seront qu’un pansement inefficace sur une plaie ouverte .. d’ailleurs ces patrouilles finiront par recevoir des bakchiches faut pas se leurrer

    2. Hannibal

      Répondre
      5 octobre 2026 | 15h28

      Bonne initiative.
      Néanmoins, je fais plus confiance aux machines automatiques homologuées qu’aux humains même s’ils sont assermentés.
      Ces machines peuvent embarquées dans des véhicules à l’arrêt ou en mouvement, ou fixes sur les routes et dans les croisements.
      Toute photo doit être préalablement validée ou invalidée par un officier de police judiciaire.
      Des panneaux signalant la vidéo verbalisation et l’article ou les articles l’autorisant doivent être installés en amont.
      Enfin, il faut régler les problèmes des adresses sur les cartes grises : exactitude postale et changement avec délai max de 30 jours en cas de déménagement.

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