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Giorgia Meloni dépose sa voix pour se protéger des deepfakes

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Par Nadya Jennene

    Après les images et les vidéos, l’intelligence artificielle s’attaque désormais à un autre marqueur de l’identité : la voix. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a décidé de prendre les devants en déposant, lundi 5 octobre 2026, auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), un enregistrement vocal de quatre secondes destiné à protéger juridiquement son timbre contre les risques de clonage par IA.

    Dans cet enregistrement, la dirigeante italienne prononce à deux reprises la phrase « Io sono Giorgia Meloni » (« Je suis Giorgia Meloni », ndlr).

    Selon plusieurs médias italiens, cette démarche vise à empêcher l’utilisation abusive de sa voix dans des contenus générés ou falsifiés à l’aide de systèmes d’intelligence artificielle. La demande, déposée par l’intermédiaire de la société Praxi Intellectual Property et d’un cabinet juridique, apparaît pour l’heure comme étant « en cours d’examen » dans la base de données de l’EUIPO.

    Le dépôt couvre notamment des services liés aux contenus multimédias téléchargeables, aux activités culturelles ainsi qu’à l’organisation de manifestations politiques. L’objectif est de disposer d’un cadre juridique permettant à Giorgia Meloni de s’opposer à l’utilisation non autorisée de sa voix dans des contenus multimédias.

    Quand l’IA peut faire parler Meloni à son insu

    La démarche prend une dimension particulière dans le cas d’une responsable politique. Giorgia Meloni a déjà été la cible de contenus manipulés grâce à l’intelligence artificielle, dans un contexte où les technologies de clonage vocal permettent désormais de reproduire de manière très convaincante la voix d’une personne à partir de quelques secondes d’enregistrement.

    Le risque ne se limite donc pas à l’usurpation de l’identité d’une personnalité publique. Un faux enregistrement attribué à une responsable politique peut lui faire tenir des propos qu’elle n’a jamais prononcés, avec le risque de les voir circuler comme s’ils étaient authentiques.

    En faisant enregistrer officiellement sa voix, Giorgia Meloni cherche ainsi à se doter d’un nouvel outil juridique face à une technologie capable de brouiller toujours davantage la frontière entre le réel et le faux.

    N.J

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