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Loi de finances 2027 – Maher Ketari : les députés veulent des chiffres avant de trancher !

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Par Sarra Hlaoui

    Le président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple, Maher Ketari, a annoncé, lundi 6 octobre 2026, que la Commission avait demandé une audition de la ministre des Finances avant d’entamer l’examen du projet de Loi de finances pour 2027.

    Intervenant au sujet du rapport sur l’exécution du budget de l’État durant le premier semestre 2026, il a indiqué que la Commission avait reçu le document transmis par le ministère des Finances et qu’elle comptait l’examiner avant de poursuivre ses travaux préparatoires à la loi de finances 2027.

    Maher Ketari a toutefois relevé que le rapport présentait essentiellement des données générales. Or, la Commission souhaite disposer de chiffres plus détaillés afin de pouvoir évaluer précisément l’exécution du budget et les choix opérés par l’État.

    Il a notamment évoqué les recettes fiscales, dont il souhaite connaître le niveau d’exécution par secteur et, éventuellement, par région, ainsi que les prévisions établies en début d’exercice et les résultats effectivement enregistrés.

    La Commission souhaite également obtenir des précisions sur les emprunts contractés par l’État, leur utilisation ainsi que les garanties accordées aux entreprises et établissements publics.

    Carburants : Ketari soutient le maintien des prix

    Maher Ketari s’est également attardé sur l’impact de la hausse des cours du pétrole sur les finances publiques.

    Il a indiqué que la hausse des prix du pétrole avait entraîné une charge supplémentaire estimée à environ 2.003 milliards de dinars pour les achats de pétrole. Malgré cette situation, aucune hausse des prix des carburants n’a été décidée jusqu’à présent.

    Pour le président de la Commission des finances, il s’agit d’une décision politique qu’il convient de soutenir.

    « Le fait de ne pas augmenter le prix de l’essence est une bonne décision politique », a-t-il déclaré, expliquant qu’une hausse du prix des carburants aurait directement affecté les coûts du transport et, par conséquent, les prix des marchandises et des différents services.

    Mais cette décision a également un coût pour l’État. Maher Ketari estime donc nécessaire de déterminer comment cette charge a été absorbée par les finances publiques et quelles ressources ont été mobilisées pour y faire face.

    Il a, dans ce contexte, souligné la nécessité de disposer de données précises sur l’exécution budgétaire. Il a également relevé que le taux d’exécution des investissements se situait, selon les données disponibles, entre 22% et 25%. La Commission devra ainsi déterminer si la hausse des dépenses liées aux hydrocarbures a eu un impact sur les crédits destinés à l’investissement.

    Entreprises publiques : la Commission veut davantage de visibilité

    Les participations et les financements de l’État en faveur des entreprises et établissements publics constituent également un volet sur lequel la Commission souhaite obtenir davantage de détails.

    Maher Ketari a expliqué que les députés voulaient notamment connaître les garanties accordées par l’État ainsi que les montants consacrés chaque année aux différentes entreprises publiques.

    L’objectif est de distinguer les entreprises qui contribuent aux finances publiques de celles qui continuent à représenter une charge pour le budget de l’État, afin de déterminer les mesures nécessaires pour améliorer leur situation.

    Le président de la Commission a notamment cité le secteur des phosphates.

    Il a rappelé qu’en 2010, le Groupe chimique tunisien contribuait à hauteur d’environ 1,2 milliard de dinars au budget de l’État. En tenant compte de l’évolution des prix et à production constante, cette contribution aurait pu atteindre, selon ses estimations, près de 3,5 milliards de dinars en 2026.

    Pour Maher Ketari, le redressement du secteur passe par un programme d’investissement et de modernisation. Il a évoqué un besoin d’investissement pouvant atteindre 1.500 milliards de dinars pour permettre notamment de renouveler les équipements et d’améliorer les procédés de production.

    Il a également insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les exigences environnementales dans cette modernisation, notamment à travers l’utilisation de nouvelles technologies et la réutilisation de l’eau dans les processus industriels.

    Loi de finances 2027 : pas de hausse de la fiscalité

    Concernant les grandes orientations de la loi de finances 2027, Maher Ketari a placé la question de la fiscalité parmi les principales priorités de la Commission.

    Il a indiqué avoir demandé qu’il n’y ait pas de nouvelle hausse de la fiscalité pour les personnes et les entreprises. Selon lui, cette orientation aurait également été évoquée lors de réunions avec les responsables de l’exécutif.

    « Le non-relèvement de la fiscalité pour les personnes et les entreprises » fait ainsi partie, selon ses déclarations, des orientations retenues pour le prochain projet de loi de finances.

    Maher Ketari a, dans le même temps, appelé l’État à réduire ses propres dépenses.

    Alors que les pouvoirs publics demandent aux citoyens de rationaliser leur consommation d’électricité, d’énergie et de produits subventionnés, il estime que l’administration doit elle aussi montrer l’exemple.

    Il a relevé que les dépenses budgétaires progressaient chaque année de 4 à 6% et appelé à inverser cette tendance.

    L’objectif des 4% de croissance

    Au-delà de la Loi de finances 2027, Maher Ketari a insisté sur la nécessité de créer les conditions permettant d’atteindre l’objectif de croissance fixé à environ 4% par an dans le cadre du programme quinquennal.

    Pour y parvenir, il considère que l’investissement doit reprendre et que la production nationale doit être renforcée.

    L’industrie occupe, à ses yeux, une place centrale dans cette stratégie. Il a rappelé qu’elle représentait, au début des années 2000, une part beaucoup plus importante du produit intérieur brut et estimé qu’elle devait retrouver un poids comparable dans l’économie nationale.

    Maher Ketari a enfin plaidé pour une stratégie de long terme destinée à soutenir l’industrie tunisienne, renforcer la production nationale et améliorer les équilibres financiers du pays.

    S.H

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