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« Une heure de prévention » : une mobilisation nationale contre les stupéfiants et les comportements à risque chez les enfants

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Par Nadya Jennene

    Face aux risques auxquels sont exposés les enfants et les adolescents, le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées organise, jeudi 8 octobre 2026, une journée nationale de sensibilisation baptisée « Une heure de prévention ». L’initiative intervient dans un contexte marqué par plusieurs faits divers impliquant des mineurs et par les préoccupations croissantes autour de la consommation de drogues et des comportements à risque chez les jeunes.

    Invité de Diwan FM mardi 6 octobre 2026, le délégué général à la protection de l’enfance, Moncef Ben Abdallah, a expliqué que cette action s’inscrit dans le cadre d’un programme national de communication consacré à la prévention participative. L’objectif, selon lui, est de mobiliser l’ensemble de la société autour de la protection des enfants, en associant les structures publiques, les associations, les familles et les citoyens.

    Le responsable a particulièrement insisté sur les risques liés à la consommation de drogues et a évoqué plusieurs comportements susceptibles d’exposer les jeunes à ces dangers : passer de longues heures dans la rue, notamment tard dans la nuit, fréquenter certains groupes susceptibles de les entraîner vers la consommation de stupéfiants ou d’alcool, mais aussi adopter des comportements pouvant, dans certains cas, conduire à des actes réprimés par la loi.

    Ces comportements ne résultent pas nécessairement d’une volonté délibérée, a-t-il expliqué. Ils peuvent parfois être liés à un manque de vigilance, à l’influence du groupe ou encore à la volonté de s’intégrer et de s’imposer au sein d’un cercle de pairs.

    C’est précisément sur ce terrain que la prévention doit intervenir, selon le responsable. Il s’agit notamment de renforcer chez l’enfant et l’adolescent la capacité à faire preuve de discernement, à développer un esprit critique et surtout à savoir dire « non » face aux tentatives d’influence ou de recrutement.

    « Une heure de prévention » se déroulera notamment aux abords des établissements scolaires, des centres de formation professionnelle et des établissements universitaires. Un choix qui n’est pas anodin : ces espaces concentrent enfants, adolescents et jeunes, mais également les familles qui les accompagnent.

    L’action repose ainsi sur une approche qui ne se limite pas aux jeunes. Le délégué général a insisté sur la nécessité de renforcer également le rôle des parents.

    La vigilance familiale, a-t-il expliqué, doit être adaptée à l’âge de l’enfant. Un enfant de sept ou huit ans ne nécessite évidemment pas le même accompagnement qu’un adolescent de 15 ou 17 ans. Au-delà de la surveillance, il a souligné surtout la nécessité que les parents accordent suffisamment de temps à leurs enfants pour les écouter et rester attentifs aux changements éventuels dans leur comportement.

    Lorsqu’une difficulté apparaît, l’enfant doit pouvoir trouver dans sa famille un espace de sécurité et de confiance. « Il est important que l’enfant se tourne vers sa famille », a-t-il noté, appelant les parents à ne pas hésiter à solliciter l’aide de spécialistes lorsqu’une situation les dépasse.

    Pour Moncef Ben Abdallah, la protection de l’enfance ne peut toutefois reposer sur les seules familles. « L’enfant est une responsabilité collective », a-t-il déclaré, exhortant l’ensemble de la société à prendre part à la prévention.

    Cette responsabilité concerne également les personnalités publiques et les personnes disposant d’une influence sur les réseaux sociaux. Sportifs, artistes, créateurs de contenu et autres figures suivies par les jeunes doivent, selon lui, mesurer l’impact de leurs comportements et de leurs messages, les adolescents pouvant les considérer comme des modèles.

    Le délégué général a par ailleurs adressé un avertissement particulier concernant la diffusion de contenus impliquant des enfants victimes. Au-delà des interdictions prévues par la loi, il a appelé à davantage de discernement et de responsabilité dans le partage d’informations sur les réseaux sociaux.

    Un enfant victime reste une victime, quelle que soit sa situation, a-t-il rappelé en substance. La diffusion, même effectuée avec de bonnes intentions, d’une image, d’une vidéo ou d’une information permettant de l’identifier peut avoir des conséquences durables sur sa vie.

    Dans ce contexte, il a appelé les internautes à ne pas considérer le partage d’un contenu comme un geste anodin. Une publication diffusée en un simple clic peut, selon lui, porter atteinte à la vie d’un enfant et aggraver sa situation.

    Le délégué général a également rappelé l’existence des dispositifs permettant de signaler une situation préoccupante.

    Le ministère a mis notamment à disposition le numéro vert 1809, ainsi que le numéro 192, destiné à recevoir les appels relatifs à la protection de l’enfance. Les personnes qui sollicitent ces services peuvent être orientées et accompagnées par des professionnels. Les signalements peuvent également être transmis aux bureaux régionaux de la protection de l’enfance.

    Moncef Ben Abdallah a insisté sur le fait que les personnes effectuant un signalement bénéficient de garanties prévues par la législation tunisienne, notamment en matière de confidentialité de leur identité.

    « Ne vous abstenez pas de demander de l’aide », a-t-il appelé, invitant les familles et les citoyens à transmettre les informations dont ils disposent lorsqu’un enfant semble exposé à un danger.

    Les données disponibles permettent de mesurer l’ampleur des risques évoqués par le délégué général à la protection de l’enfance. Selon l’enquête MedSPAD publiée en 2023 et menée auprès d’adolescents scolarisés en Tunisie, la proportion de lycéens ayant déclaré avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie est passée de 1,4% en 2013 à 3,8% en 2017, puis à 7,9% en 2021. En huit ans, la proportion a ainsi été multipliée par plus de cinq.

    La progression est particulièrement marquée chez les garçons. En 2021, 16,1% d’entre eux déclaraient avoir déjà consommé du cannabis, contre 2,5% des filles. La consommation récente témoigne également d’un phénomène qui ne se limite pas à une expérimentation lointaine : 6,8% des lycéens interrogés déclaraient avoir consommé du cannabis au cours des douze mois précédant l’enquête, tandis que 3,2% en avaient consommé au cours du mois précédent. Chez les garçons, cette proportion atteignait 7,2%.

    L’enquête mettait également en évidence l’apparition d’autres substances dans les pratiques déclarées par les adolescents. En 2021, 1,9% des jeunes interrogés disaient avoir déjà consommé des cannabinoïdes de synthèse, une proportion qui atteignait 4,1% chez les garçons. Les données disponibles montrent par ailleurs que l’expérimentation peut intervenir relativement tôt : parmi les jeunes ayant consommé du cannabis, 8,6% déclaraient avoir commencé à 13 ans ou moins.

    N.J

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