La libération de tous les détenus politiques et d’opinion, ainsi que de toutes les personnes arrêtées pour avoir exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien, l’arrêt des poursuites engagées en raison d’activités politiques, civiles, syndicales ou militantes, et le respect des droits fondamentaux des détenus : telles sont les principales revendications formulées par Al Massar, Ettakatol, Afek Tounes, Al Joumhouri, Attayar, Al Qotb, le Parti socialiste, et le Parti des travailleurs, réunis le lundi 5 octobre 2026.
Dans un communiqué commun publié jeudi 8 octobre 2026, ces formations ont dénoncé une « crise politique profonde » ainsi qu’une dégradation continue de la situation économique et sociale en Tunisie. Les huit partis ont évoqué notamment l’érosion du pouvoir d’achat, l’aggravation du chômage, la hausse « sans précédent » de l’indice des prix, le recul des services et des infrastructures publics et le rétrécissement des perspectives pour de larges franges de la population.
Ils ont dénoncé également une dégradation qu’ils qualifient de grave de la situation des droits et libertés rappelant les procès politiques et de poursuites visant des personnes pour leurs opinions, qu’ils estiment dépourvus des garanties d’un procès équitable. Ils ont cité notamment l’emprisonnement de responsables politiques, de syndicalistes, de blogueurs, d’avocats et de journalistes en raison de leurs activités politiques, civiles ou syndicales pacifiques et de l’expression d’opinions opposées aux choix du pouvoir en place.
Les signataires ont affirmé en outre que les établissements pénitentiaires ne garantissent pas, selon eux, les droits minimaux des détenus.
Exprimant leur « entière solidarité » avec les détenus politiques ayant recours à la grève de la faim pour défendre leurs droits, dénoncer leurs conditions de détention et protester contre ce qu’ils présentent comme les injustices et les abus dont eux-mêmes et leurs familles seraient victimes, ils ont affirmé qu’ils tiendraient les autorités actuelles pour responsables de leur intégrité physique.
Ils ont réclamé également la garantie du minimum de droits reconnu internationalement aux détenus et aux prisonniers par les conventions des Nations unies, dénonçant notamment les restrictions qui, selon eux, entravent leur accès à l’information, le suivi de l’actualité nationale et internationale à travers les chaînes de télévision, la lecture et la consultation des journaux, ainsi que les visites directes.
Les formations politiques ont par ailleurs salué les mobilisations des diplômés de l’enseignement supérieur au chômage et ont dénoncé le non-respect, par les autorités, des engagements pris à leur égard.
Les partis réunis ont annoncé également leur rejet de la série de décrets adoptés par le président de la République, en particulier le décret relatif à la nomination des membres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections, considérant qu’il porte atteinte à son indépendance et poursuit, selon eux, sa mise sous la tutelle du pouvoir exécutif.
Ils se sont également opposé au décret portant abrogation de la loi relative aux collectivités locales, estimant qu’il porte atteinte au processus de décentralisation et à la gouvernance locale, qu’ils présentent comme l’un des principaux acquis de la révolution.
Les partis signataires ont salué enfin l’appel lancé par les organisations nationales et les associations en faveur de la marche prévue le 17 octobre 2026 annonçant leur participation à cette mobilisation et leur volonté de contribuer à sa réussite, tout en souscrivant aux revendications sociales et relatives aux droits portées par cette initiative.
Les formations politiques signataires ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur action afin de mettre un terme à ce qu’elles qualifient de « situation de chaos » que traverse le pays, tourner la page du « pouvoir individuel absolu » et dépasser ce qu’elles désignent comme le « processus de coup d’État » de l’autorité issue du 25-Juillet, au profit d’une nouvelle transition démocratique.
Elles ont réitéré leur volonté de contribuer à l’édification d’un projet national à dimension sociale, réunissant les différentes forces démocratiques, progressistes, sociales et de gauche, garantissant les droits et libertés et consacrant la justice sociale entre les régions et les individus. Ce projet, précisent-elles, devrait également s’opposer à l’autoritarisme et à la tyrannie et rompre avec tous les projets qu’elles qualifient de réactionnaires, quelle qu’en soit l’origine.
N.J










