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Exécution du budget à fin juin 2026 : d’un excédent de 1,9 milliard de dinars à un déficit de 859,6 millions

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Par Imen Nouira

    Le budget de l’État tunisien a enregistré un déficit de 859,6 millions de dinars à fin juin 2026, contre un excédent de près de 1,92 milliard de dinars à la même période de 2025. Le solde budgétaire s’est ainsi dégradé de près de 2,78 milliards de dinars en un an. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par un recul de 3,2% des recettes budgétaires et une progression de 8,9% des dépenses. Si les recettes fiscales ont augmenté de 2,4%, les recettes non fiscales et les dons ont fortement diminué. Les dépenses de développement affichent, pour leur part, un taux d’exécution de seulement 21,2% des crédits annuels.

    Ces données ressortent d’un document du ministère des Finances consacré à l’exécution du budget de l’État au premier semestre 2026 et aux hypothèses et orientations du projet de budget 2027, récemment déposé à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et dont Business News a obtenu une copie.

    Un déficit budgétaire de 859,6 millions de dinars

    À fin juin 2026, le solde budgétaire, hors dons et recettes de confiscation, s’est établi à -859,6 millions de dinars. À la même période de 2025, les résultats provisoires publiés par le ministère des Finances faisaient état d’un excédent de près de 1,92 milliard de dinars, hors privatisations, dons et recettes de confiscation.

    Sur la base de ces deux soldes, la dégradation atteint plus de 2,77 milliards de dinars en un an.

    Le solde primaire, qui correspond au solde budgétaire avant paiement des intérêts de la dette, demeure positif, mais s’est nettement contracté. Il est passé de 5,07 milliards de dinars à fin juin 2025 à 2,87 milliards de dinars à fin juin 2026, soit une diminution de plus de 2,2 milliards de dinars (-43,4%).

    Les recettes budgétaires encaissées ont atteint 24,19 milliards de dinars à fin juin 2026, contre 24,99 milliards de dinars à la même période de 2025, soit une diminution de près de 796 millions de dinars (-3,2%). Leur taux de réalisation s’est établi à 46% des prévisions inscrites dans la Loi de finances 2026.

    Des recettes fiscales en hausse, mais des ressources non fiscales en forte baisse

    Les recettes fiscales se sont établies à 23,19 milliards de dinars à fin juin 2026, en progression de 551 millions de dinars (+2,4%) par rapport au premier semestre 2025, selon les données comparatives du ministère. Leur taux de réalisation a atteint 48,5% des prévisions annuelles, contre 50% à la même période de 2025.

    Dans le détail, les impôts directs ont rapporté 9,84 milliards de dinars, soit 42,4% des recettes fiscales. Les impôts indirects ont, pour leur part, généré 13,35 milliards de dinars, représentant 57,6% du total.

    Les impôts directs ont reculé par rapport au premier semestre 2025, tandis que les impôts indirects ont progressé de 7,8%, passant de 12,38 milliards de dinars à fin juin 2025 à 13,35 milliards de dinars à fin juin 2026, selon les chiffres repris dans le nouveau rapport.

    En revanche, les recettes non fiscales et les dons ont fortement diminué. Leur montant cumulé est passé de 2,36 milliards de dinars à fin juin 2025, selon les résultats provisoires publiés à l’époque, à 1,01 milliard de dinars à fin juin 2026, soit une contraction de 1,35 milliard de dinars (-57,3%).

    Cette baisse a plus que compensé la progression des recettes fiscales, entraînant un recul des recettes budgétaires globales sur les six premiers mois de l’année. Le taux de réalisation des recettes non fiscales et des dons s’est établi à 21% des prévisions annuelles.

    Le document précise également que les revenus des participations de l’État représentent 43,7% des recettes non fiscales, sans que cette proportion permette, à elle seule, de déterminer leur montant exact à partir du total incluant les dons.

    Des dépenses budgétaires en hausse de 8,9%

    Les dépenses budgétaires payées ont atteint 24,92 milliards de dinars à fin juin 2026, contre 22,87 milliards de dinars un an auparavant, soit une augmentation de près de 2,05 milliards de dinars (+8,9%). Elles représentent 39,2% des crédits inscrits dans la Loi de finances 2026.

    Les dépenses de rémunération demeurent le premier poste budgétaire, avec 12,18 milliards de dinars décaissés au premier semestre, contre 11,61 milliards de dinars à fin juin 2025. Elles ont ainsi progressé de 4,9% sur un an. La masse salariale représente près de 49% des dépenses budgétaires réalisées durant les six premiers mois de l’année, avec un taux d’exécution de 48,2% des crédits annuels prévus.

    Le ministère des Finances explique cette progression principalement par l’application de la première tranche des augmentations salariales dans le secteur public, prévues pour les années 2026, 2027 et 2028, conformément à l’article 15 de la Loi de finances 2026.

    Les dépenses de fonctionnement ont atteint 760 millions de dinars, contre environ 751 millions de dinars au premier semestre 2025, soit une progression d’environ 1,2%. Leur taux d’exécution s’est établi à 25,9% des crédits annuels, contre 28,7% à la même période de 2025. Le ministère présente cette évolution comme le résultat des efforts de maîtrise des dépenses de fonctionnement.

    Les dépenses d’intervention ont, quant à elles, atteint 6,57 milliards de dinars à fin juin 2026, contre 5,725 milliards de dinars un an auparavant. Elles ont ainsi augmenté de 849 millions de dinars, soit une progression de 14,8%.

    La compensation représente 53% des dépenses d’intervention réalisées au premier semestre. Les montants consacrés à cette rubrique ont atteint près de 3,49 milliards de dinars, en hausse de 12% par rapport à fin juin 2025, avec un taux d’exécution de 35,7% des crédits annuels prévus.

    Les transferts destinés aux programmes sociaux ont également progressé. Ils se sont établis à 2,22 milliards de dinars à fin juin 2026, correspondant à un taux d’exécution de 47,6% des crédits inscrits dans la Loi de finances. Ces transferts ont augmenté de 431 millions de dinars (+24,1%) par rapport au premier semestre 2025. Ils concernent notamment les programmes de lutte contre la pauvreté, les dispositifs de soutien aux ménages à faibles revenus, les aides sociales, les bourses universitaires et scolaires ainsi que les interventions en faveur du logement social.

    Dépenses de développement : seulement 21,2% des crédits exécutés

    Les dépenses à caractère de développement ont atteint 2,53 milliards de dinars à fin juin 2026, soit un taux d’exécution de 21,2% des crédits programmés pour l’ensemble de l’année.

    Elles comprennent 1,66 milliard de dinars de dépenses d’investissement, 867 millions de dinars d’interventions à caractère de développement et 1,5 million de dinars d’opérations financières.

    Les seules dépenses d’investissement ont légèrement progressé par rapport au premier semestre 2025, où elles s’étaient établies à 1,65 milliard de dinars. Leur augmentation ressort ainsi à environ 0,7%. Le ministère des Finances explique le faible taux d’exécution des dépenses de développement par la concentration habituelle des décaissements durant le second semestre, après l’achèvement des procédures administratives et techniques, la passation des marchés publics et l’obtention des autorisations nécessaires au lancement des projets.

    Le document relève néanmoins la persistance de difficultés entravant la réalisation de certains investissements publics, notamment les retards et les blocages liés à des obstacles fonciers, techniques, financiers et administratifs. Le ministère fait état de réunions gouvernementales consacrées au suivi de ces projets et de mesures destinées à lever les obstacles à leur réalisation. Il souligne également la nécessité d’améliorer la préparation des projets en amont, afin de réduire les délais d’exécution et d’accélérer les investissements publics, notamment dans la perspective du plan de développement 2026-2030.

    Service de la dette : les remboursements diminuent, les intérêts augmentent

    Le service de la dette publique, qui comprend le remboursement du principal et le paiement des intérêts, a atteint près de 10,47 milliards de dinars à fin juin 2026, contre 14,80 milliards de dinars à la même période de 2025, soit une diminution de 4,33 milliards de dinars (-29,3%).

    Cette baisse globale masque toutefois deux évolutions opposées : une forte diminution des remboursements du principal et une augmentation des charges d’intérêts.

    Sur ce montant, 6,74 milliards de dinars ont été consacrés au remboursement du principal de la dette, une opération relevant du financement budgétaire, tandis qu’environ 3,73 milliards de dinars ont été affectés au paiement des intérêts, comptabilisés parmi les dépenses budgétaires. Le remboursement du principal a ainsi reculé de 42,3% par rapport aux 11,67 milliards de dinars enregistrés au premier semestre 2025. Il se répartit entre 4,15 milliards de dinars pour la dette intérieure et 2,58 milliards de dinars pour la dette extérieure.

    En revanche, les charges d’intérêts ont progressé de 19,3%, passant de 3,13 milliards de dinars à fin juin 2025 à environ 3,73 milliards de dinars à fin juin 2026, soit une augmentation d’environ 603 millions de dinars.

    Le service de la dette représente 45,4% des prévisions annuelles inscrites dans la Loi de finances 2026.

    I.N.

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