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Gabès : d’importantes émanations signalées, une nouvelle nuit d’angoisse et de colère à Chatt Essalem

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© Islem Zrelli - Stop Pollution, 10 octobre 2026

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Par Raouf Ben Hédi

    De nouvelles émanations gazeuses signalées dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 octobre 2026 ont ravivé l’inquiétude et la colère des habitants de Gabès. Dans la région de Chatt Essalem, des riverains ont fermé une route pour protester contre ce qu’ils dénoncent comme une catastrophe environnementale persistante, liée aux activités du Groupe chimique tunisien (GCT).

    La scène est devenue familière à Gabès. Des émanations décrites comme suffocantes, des habitants inquiets pour leur santé et une mobilisation nocturne pour réclamer la fin d’une pollution qui empoisonne leur quotidien. Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs habitants de Chatt Essalem ont de nouveau investi la rue, dénonçant des rejets gazeux provenant du complexe industriel.

    Des activistes de la région, notamment du collectif Stop Pollution, ont fait état de nouvelles émanations suffocantes dans les zones environnant le complexe. À la suite de ces signalements, des habitants ont procédé à la fermeture d’une route, exigeant que les autorités mettent un terme à cette situation.

    Si l’ampleur et la composition exacte des émissions signalées dans la nuit restent à établir, les inquiétudes exprimées par les riverains s’inscrivent dans un contexte de crise environnementale et sanitaire qui dure depuis des décennies.

    Une crise qui s’éternise, des revendications toujours sans réponse

    La pollution industrielle à Gabès n’en est pas à son premier épisode. Depuis des années, les habitants dénoncent les conséquences des activités des unités du Groupe chimique tunisien sur leur environnement et leur santé. Les signalements d’émanations gazeuses et les épisodes d’intoxication présumée alimentent régulièrement la colère dans la région.

    Les établissements scolaires situés à proximité du complexe ont notamment été concernés par plusieurs incidents au cours desquels des élèves ont été pris de malaises, victimes de difficultés respiratoires ou d’évanouissements. Ces épisodes ont contribué à faire de la question environnementale une urgence sanitaire aux yeux des habitants, qui réclament des mesures concrètes pour protéger les populations riveraines.

    En juin 2026, le collectif Stop Pollution et des acteurs de la société civile avaient déjà organisé de nouvelles mobilisations à Gabès et à Tunis. Sous le slogan « Le peuple exige le démantèlement des unités », les protestataires réclamaient la fin des activités industrielles jugées polluantes et une réponse à la dégradation persistante de l’environnement dans la région.

    Des annonces face à l’impatience des habitants

    La répétition de ces mobilisations traduit l’exaspération d’une population qui attend des résultats tangibles. Les habitants et les militants écologistes réclament depuis longtemps une intervention effective des autorités pour mettre fin aux nuisances industrielles et préserver la santé publique.

    Le dossier a également été porté devant les autorités nationales, et une commission présidentielle a été mise en place. Mais, aux yeux des habitants mobilisés, ces démarches n’ont pas encore débouché sur une solution à la hauteur de la crise.

    En février 2026, la justice avait par ailleurs rejeté une demande en référé visant à obtenir l’arrêt immédiat des unités polluantes du GCT, estimant que le préjudice invoqué n’était pas suffisamment établi. Cette décision avait suscité la contestation des défenseurs de l’environnement.

    À Gabès, les alertes et les protestations se succèdent ainsi sans que les inquiétudes des riverains ne disparaissent. La mobilisation de Chatt Essalem, dans la nuit du 10 au 11 octobre, vient rappeler que le dossier environnemental de Gabès reste loin d’être refermé. Pour les habitants, l’urgence n’est plus seulement de dénoncer les émanations, mais d’obtenir des mesures capables de garantir leur droit à un environnement sain.

    R.B.H

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