Le verdict attendu dans l’affaire opposant le Groupe chimique tunisien (GCT) à treize militants écologistes de Gabès n’a finalement pas été rendu mercredi 14 octobre 2026. Le collectif Stop Pollution a annoncé la prolongation du délibéré jusqu’au 21 octobre, repoussant d’une semaine supplémentaire l’issue judiciaire d’un dossier remontant à un sit-in organisé en 2020 contre les unités industrielles polluantes de la région.
Parmi les personnes poursuivies figure Kheireddine Dbia, militant écologiste et membre de Stop Pollution. Les treize prévenus sont concernés par une procédure engagée à la suite d’une plainte du GCT, qui leur reproche des faits liés à un rassemblement organisé devant sa direction régionale. Ils avaient initialement été condamnés par contumace à des peines d’emprisonnement, avant de contester ces décisions devant la justice.
L’affaire porte sur un sit-in organisé en 2020 dans le cadre des mobilisations réclamant le démantèlement des unités polluantes du complexe chimique, ainsi que le respect du droit des habitants à la santé et à un environnement sain. Les poursuites sont notamment liées à l’accusation d’« entrave à la liberté de travail ».
Une affaire judiciaire sur fond de crise environnementale
Dans un communiqué publié mardi 13 octobre, Stop Pollution a rappelé que cette échéance judiciaire intervient un an après la vague de contestation qui avait culminé avec la grève générale du 21 octobre 2025 à Gabès. Le mouvement avait alors porté au premier plan la revendication du démantèlement des unités polluantes, devenue le mot d’ordre central d’une mobilisation populaire d’ampleur.
Le collectif dénonce également la persistance des risques sanitaires dans la région. Il fait état de nouvelles émanations gazeuses et de cas d’asphyxie, ainsi que d’accidents du travail au sein du complexe chimique, dont un mort et un travailleur grièvement blessé. Ces incidents, affirme-t-il, illustrent les dangers liés au maintien en activité d’installations industrielles vétustes.
Stop Pollution estime que les militants ne devraient pas être poursuivis pour avoir participé à une mobilisation pacifique visant à défendre la santé des habitants et leur environnement. Le collectif réclame l’abandon des poursuites judiciaires, réaffirme son exigence de démantèlement des unités polluantes et appelle les autorités à garantir la sécurité des travailleurs et des riverains.
Le mouvement demande également que les responsabilités soient établies concernant les manquements aux règles de sécurité et les conséquences de la pollution industrielle. Il appelle à une mobilisation citoyenne en soutien aux militants, alors que l’affaire doit désormais connaître une nouvelle étape le 21 octobre.
À Gabès, où les revendications environnementales se heurtent depuis des années à la lenteur des réponses attendues, le report du verdict prolonge l’incertitude judiciaire pour les treize militants. La prochaine échéance intervient dans un contexte où la question de la pollution industrielle reste au cœur de la contestation locale.
R.B.H












