Des publications et des commentaires relayant la visite du président de la République, Kaïs Saïed, à Bizerte, le 15 octobre 2026, mettent en avant la mise en service d’un patrouilleur militaire construit en Tunisie par des compétences nationales. Présentée comme une illustration du savoir-faire tunisien et de la souveraineté industrielle du pays, cette réalisation a également suscité des interrogations sur son caractère inédit. S’agit-il de la première vedette militaire fabriquée par des compétences tunisiennes, ou existe-t-il des précédents ?


À l’occasion de la commémoration du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation, Kaïs Saïed s’est rendu à Bizerte, où il a rendu hommage aux martyrs des affrontements de juillet 1961, avant de se déplacer à la base navale principale. Il y a présidé la cérémonie de mise en service d’un patrouilleur militaire construit en Tunisie. Le président a salué les compétences nationales ayant contribué à cette réalisation et présenté le navire comme une première étape vers la fabrication d’autres équipements.
Pour vérifier si cette réalisation constitue une première, BN Check a consulté les archives de la présidence de la République et des articles de presse publiés lors de précédentes inaugurations de navires militaires tunisiens.
Les recherches permettent d’établir que la fabrication de navires militaires par des compétences tunisiennes ne date pas de 2026. Le 7 août 2015, sous la présidence de Béji Caïd Essebsi, une cérémonie avait déjà été organisée pour le navire militaire « Indépendance ». Le président de l’époque avait présidé, à la base navale de la Goulette, la cérémonie de levée du drapeau national sur ce bâtiment de la marine tunisienne.
L’information est confirmée par un communiqué publié dans les archives officielles de la présidence de la République. Celui-ci précise que le navire avait été construit grâce à des compétences tunisiennes, dans le cadre d’un partenariat entre les secteurs public et privé. Les études relatives au projet avaient commencé en 2012. La réalisation s’inscrivait ainsi dans une démarche de développement des capacités nationales en matière de construction navale.
Un autre élément mérite d’être pris en compte. Le 15 octobre 2021, Kaïs Saïed s’était déjà rendu à la base navale principale de Bizerte, à l’occasion de la fête de l’Évacuation, pour présider une cérémonie de levée du drapeau sur les patrouilleurs « El Jem 213 » et « Dougga 214 ». Selon le communiqué officiel, il avait également assisté à une présentation consacrée à l’histoire de la marine nationale et à la fabrication de navires et de patrouilleurs en partenariat avec le secteur privé.
Ces éléments permettent de distinguer deux questions la mise en service du patrouilleur inauguré en octobre 2026 constitue une réalisation particulière, mais la construction de navires militaires par des compétences tunisiennes et leur présentation officielle ne sont pas des nouveautés dans l’histoire récente du pays.
Ainsi, l’affirmation selon laquelle il s’agirait de la première réalisation de ce type par des compétences tunisiennes est trompeuse si elle est présentée comme une nouveauté absolue. Les archives officielles et la presse attestent qu’en août 2015, Béji Caïd Essebsi avait déjà présidé à l’inauguration de la frégate indépendance, construite grâce à des compétences tunisiennes.
R.A.













2 commentaires
Citoyen_H
TRÈS BIEN JOUÉ ET TRÈS BON DÉBUT
Quand on met les moyens et quand on confie ce genre de projet à des gens compétents, énormément de choses deviennent possibles !
Le monde ne s’est pas fait en un seul jour.
Tout est question de volonté.
ali.labyedh
Pour pouvoir affirmer que les compétences tunisiennes ont construit le bateau il faut s’assurer que le moteur a été construit en Tunisie et surtout que les machines outils sont tunisiennes.Ce qui n’est pas le cas