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Festival d’El Gouna : Amel Guellaty, de l’Étoile d’or au jury

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Par Sarra Hlaoui

    Un an après avoir remporté l’Étoile d’or du meilleur film arabe de fiction avec « D’où vient le vent », la réalisatrice tunisienne Amel Guellaty retrouve le Festival du film d’El Gouna, en Égypte, dans un nouveau rôle : celui de membre du jury de la compétition des courts métrages. Une nouvelle étape dans le parcours d’une cinéaste dont le premier long-métrage a franchi les frontières tunisiennes.

    Il y a un an, elle quittait El Gouna avec l’une des distinctions majeures de la compétition. Cette année, Amel Guellaty revient au festival égyptien, qui se tient du 15 au 23 octobre 2026, non plus pour défendre son propre film, mais pour prendre part au jury de la compétition des courts métrages.

    Ce passage de l’autre côté de l’écran marque une nouvelle étape dans le parcours de la réalisatrice tunisienne. Son travail, déjà distingué lors de la précédente édition, s’inscrit désormais dans une dynamique qui la conduit à participer à la sélection et à l’évaluation des œuvres d’autres cinéastes.

    À El Gouna, Amel Guellaty partage cette responsabilité avec le réalisateur, scénariste et acteur saoudien Meshal AlJaser et l’artiste grec Christos Passalis. Une composition qui reflète la vocation du festival à faire dialoguer différentes sensibilités et approches du cinéma.

    « D’où vient le vent », le film qui a marqué El Gouna

    En octobre 2025, Amel Guellaty avait remporté l’Étoile d’or du meilleur film arabe de fiction pour son premier long-métrage, « Where the Wind Comes From », connu en français sous le titre « D’où vient le vent ».

    Réalisé, écrit et monté par la cinéaste, le film avait déjà commencé à tracer sa route sur la scène internationale. Après une première mondiale remarquée au Festival de Sundance, il avait été présenté au Festival international du film de Rotterdam, avant de poursuivre son parcours dans d’autres rendez-vous cinématographiques.

    Coproduit par la Tunisie, la France et le Qatar, le long-métrage raconte l’histoire d’Alyssa, une jeune femme rebelle de 19 ans, et de Mehdi, un jeune homme introverti de 23 ans. Liés par une amitié profonde et par le sentiment d’être à l’étroit dans leur quotidien, les deux protagonistes s’inventent un monde à eux pour échapper à une réalité qui leur laisse peu de perspectives.

    Leur aventure les entraîne dans un road trip vers le sud tunisien, porté par l’espoir d’un avenir différent. Entre poésie, humour et réalisme, le récit explore les rêves d’une jeunesse en quête d’horizons nouveaux, confrontée aux limites de son environnement et tentée par la possibilité de tout recommencer ailleurs.

    À travers cette échappée, Amel Guellaty compose un portrait sensible de deux jeunes adultes qui refusent de se résigner. Le voyage devient autant une tentative de fuite qu’une quête de soi, dans un récit où les paysages tunisiens accompagnent les aspirations et les désillusions des personnages.

    La récompense décrochée à El Gouna en 2025 a constitué une étape importante dans le parcours de ce premier long-métrage, en lui apportant une nouvelle reconnaissance dans le monde arabe.

    Une présence tunisienne qui se prolonge

    Le retour d’Amel Guellaty s’inscrit dans une participation tunisienne plus large à cette neuvième édition du Festival du film d’El Gouna. Le long-métrage « Khourouj Amen », réalisé par Mohamed Hammad et coproduit notamment par Nomadis Images, la société de Dora Bouchoucha, figure également dans la compétition des longs métrages.

    Mais c’est bien le parcours d’Amel Guellaty qui donne à cette édition une résonance particulière pour le cinéma tunisien. En l’espace d’un an, la réalisatrice est passée du statut de lauréate à celui de membre du jury, prolongeant ainsi sa présence dans un festival où son premier long-métrage a été distingué.

    Cette évolution ne résume pas à elle seule le cheminement d’une cinéaste, mais elle souligne la continuité de son lien avec une manifestation qui constitue une vitrine importante pour les œuvres de la région.

    Pour Amel Guellaty, El Gouna n’est donc plus seulement le lieu d’une consécration. Le festival devient aussi un espace où elle peut contribuer, à son tour, à mettre en lumière de nouvelles écritures et de nouveaux regards cinématographiques.

    S.H

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