À l’approche de la campagne oléicole 2026-2027, la Banque centrale de Tunisie (BCT) rappelle les banques à leurs responsabilités. Dans une note adressée aux établissements bancaires et financiers le 16 octobre 2026, elle les appelle à mobiliser les financements nécessaires au bon déroulement de la campagne. Derrière cette demande, un enjeu qui dépasse largement les besoins de trésorerie des agriculteurs et des huileries : celui d’une filière essentielle aux exportations tunisiennes et à l’entrée de devises dans le pays.
Car l’huile d’olive occupe une place particulière dans l’économie tunisienne. Au-delà de son poids agricole et de son ancrage dans les territoires, elle constitue l’un des produits phares des exportations nationales. Les performances de la filière influent ainsi sur les revenus des producteurs, l’activité des unités de transformation et les recettes générées par les ventes à l’étranger.
Dans ce contexte, le financement de la campagne ne relève pas d’une simple formalité bancaire. Il conditionne, en partie, la capacité des différents opérateurs à faire face aux dépenses de récolte, à transformer les olives dans les délais, à conserver l’huile dans de bonnes conditions et à préparer sa commercialisation, notamment sur les marchés internationaux.
Des champs aux marchés internationaux, toute une chaîne à financer
Dans sa note, la BCT insiste sur la nécessité de mettre les liquidités nécessaires à la disposition de l’ensemble des intervenants de la filière : agriculteurs, propriétaires d’huileries et exportateurs. Elle appelle également les banques à améliorer la qualité des services financiers proposés aux professionnels du secteur.
Les besoins sont multiples et s’étendent sur toute la chaîne de production. La récolte et la trituration des olives mobilisent des moyens financiers dès le démarrage de la campagne. Viennent ensuite les dépenses liées au stockage, à la conservation et à la commercialisation de l’huile, jusqu’à son exportation.
Un financement insuffisant ou tardif peut compliquer le fonctionnement de cette chaîne, en particulier pour les opérateurs qui doivent engager des dépenses avant d’avoir encaissé le produit de leurs ventes. L’accès au crédit constitue donc un levier important pour assurer la continuité de l’activité et permettre aux professionnels de préparer leurs opérations commerciales.
Un enjeu qui dépasse la seule récolte
Pour la Tunisie, l’enjeu est aussi commercial. La capacité à transformer, stocker et vendre l’huile d’olive dans de bonnes conditions pèse sur la valorisation de la production nationale. Le financement doit ainsi permettre aux opérateurs de couvrir leurs besoins tout au long de la campagne, sans réduire la question à la seule disponibilité des olives ou aux volumes récoltés.
La filière reste toutefois exposée à plusieurs contraintes, parmi lesquelles les aléas climatiques, les coûts de production et les fluctuations des prix sur les marchés internationaux. Dans ce contexte, l’accès aux ressources financières ne règle pas, à lui seul, l’ensemble des difficultés du secteur, mais il constitue une condition importante de son fonctionnement.
La BCT appelle à un soutien durable de la filière
La Banque centrale affirme, pour sa part, vouloir soutenir les secteurs productifs, encourager l’investissement et favoriser le développement. Elle invite les banques et les établissements financiers à poursuivre leur accompagnement de la filière oléicole dans le cadre d’une stratégie durable.
Reste que l’appel de la BCT devra se traduire concrètement dans les conditions de financement proposées aux professionnels. Au-delà des liquidités disponibles, l’accès effectif au crédit, ses coûts et les délais de mise à disposition des fonds seront déterminants pour les opérateurs qui abordent cette nouvelle campagne.
Pour une filière qui contribue aux exportations tunisiennes et aux recettes en devises du pays, la question est donc simple : les financements suivront-ils les besoins du terrain, au moment où les producteurs, les huileries et les exportateurs en ont le plus besoin ?
M.B.Z









