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Bir Ali Ben Khalifa : huit écoles paralysées et plusieurs tentatives de suicide sur fond de conflit social

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Par Myriam Ben Zineb

    Les cours étaient suspendus, mardi 20 octobre 2026, pour le quatrième jour consécutif, dans huit écoles primaires de la délégation de Bir Ali Ben Khalifa, dans le gouvernorat de Sfax. Une situation provoquée par un mouvement de solidarité avec des ouvriers dont la situation professionnelle demeure irrégulière depuis plusieurs années.

    Intervenant ce mardi sur Jawhara FM, la députée Manel Bdida, vice-présidente de la commission des droits et des libertés, a alerté sur la gravité de la situation, faisant état de plusieurs tentatives de suicide parmi les travailleurs concernés.

    Elle a indiqué qu’un père et son fils avaient tenté de s’immoler par le feu lundi, avant d’être secourus par des citoyens. Le fils aurait ensuite renouvelé sa tentative. Mardi matin, vers 8 heures, un autre ouvrier aurait tenté de se pendre à l’entrée de l’école primaire El Hajjaj Ouled Amor. Il aurait été secouru par des personnes présentes sur les lieux, tandis que le délégué de Bir Ali Ben Khalifa était intervenu pour tenter d’apaiser la situation.

    Des recrutements informels remontant à 2015

    Manel Bdida a expliqué que le problème remontait à 2015, lorsque plusieurs jeunes avaient été appelés à travailler dans des écoles primaires pour pallier le manque de personnel. Au total, 17 personnes auraient ainsi été employées, certaines pendant plus de dix ans, sans contrat de travail ni document officiel attestant leur recrutement.

    Ces ouvriers auraient reçu, au fil des années, des promesses de régularisation qui n’ont pas abouti. La députée a précisé avoir été saisie de leur situation dès son entrée au Parlement, en 2023, et avoir interpellé à plusieurs reprises les responsables du ministère de l’Éducation.

    Or, à l’issue du concours de recrutement dont les résultats ont été publiés la semaine dernière, dix des ouvriers concernés n’auraient pas été retenus. Une décision à l’origine de la contestation actuelle.

    Les parents appelés à renvoyer leurs enfants à l’école

    La députée a précisé que les établissements n’avaient pas été fermés par les ouvriers. Ce sont les parents qui avaient décidé de ne plus envoyer leurs enfants en classe, en solidarité avec les travailleurs.

    Tout en réaffirmant son soutien à la régularisation de leur situation, Manel Bdida a appelé les parents à permettre la reprise des cours, soulignant que la scolarité des élèves ne devait pas pâtir de ce différend.

    Elle a également demandé au ministre de l’Éducation de recevoir les dix ouvriers concernés et d’examiner les solutions possibles, estimant qu’une intervention au niveau central était indispensable pour mettre fin à cette crise.

    M.B.Z

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