Mahbouba Saï Tlili, sœur de l’avocat et militant politique Ayachi Hammami, dénonce les conditions de détention de son frère depuis son transfert à la prison de Monastir. Dans une publication sur sa page personnelle, mardi 20 octobre 2026, elle affirme qu’il est privé de journaux, de livres et de lettres de sa famille, une situation qui accentuerait son isolement et pèserait sur son moral.
Décrivant son frère comme un homme « patient, indulgent et digne », Mahbouba Saï Tlili affirme ne l’avoir jamais entendu se plaindre amèrement de son incarcération ni exprimer de ressentiment face à sa situation. Elle souligne toutefois qu’il n’a jamais renoncé à protester lorsqu’il estimait ses droits bafoués, rappelant qu’il a eu recours à des formes de contestation extrêmes, notamment aux grèves de la faim, pour défendre ses droits et soutenir d’autres personnes.
Aujourd’hui, assure-t-elle, son frère est profondément éprouvé par les conditions de sa détention, auxquelles s’ajoute son transfert de Tunis à Monastir, qu’elle qualifie d’arbitraire.
Privé d’informations sur l’actualité
Selon sa sœur, Ayachi Hammami ne dispose ni de chaînes d’information ni de journaux lui permettant de suivre l’actualité nationale et internationale. Les contenus de presse auxquels il aurait accès en prison ne lui offriraient pas, estime-t-elle, une information suffisamment objective.
Il doit ainsi attendre les visites de sa famille pour obtenir des nouvelles du pays et de ses proches. Une situation que Mahbouba Saï Tlili décrit comme particulièrement éprouvante, compte tenu des conditions dans lesquelles se déroulent ces échanges.
« Comment une journée de prisonnier politique peut-elle se dérouler sans nouvelles ? », s’interroge-t-elle, soulignant le poids de cette privation dans le quotidien de son frère.
Des livres et des lettres toujours attendus
L’accès aux livres constitue une autre source d’inquiétude pour la famille. Mahbouba Saï Tlili affirme que, depuis son arrivée à la prison de Monastir, son frère ne peut plus recevoir les ouvrages qu’elle lui apporte, alors qu’il est, selon elle, un lecteur passionné.
Elle rapporte que la famille a été informée que les livres avaient été transmis à la Direction générale des prisons et de la rééducation, à Tunis, et qu’ils attendaient leur retour à Monastir pour pouvoir lui être remis. Un mois après, affirme-t-elle, les ouvrages ne lui sont toujours pas parvenus.
La situation serait similaire pour le courrier familial. Les lettres envoyées à Ayachi Hammami ne lui auraient pas encore été remises, la famille ayant reçu, selon sa sœur, une explication liée aux procédures administratives.
Face à ces retards, Mahbouba Saï Tlili interpelle l’administration pénitentiaire et s’interroge sur les raisons de ces restrictions, qui privent son frère de lecture et de nouvelles de ses proches.
Un appel aux organisations de défense des droits humains
Au-delà des difficultés matérielles, la sœur d’Ayachi Hammami redoute les conséquences de cet isolement sur son moral. Elle s’interroge sur les objectifs de ces mesures, se demandant si elles visent à briser la résistance de son frère ou à affirmer l’autorité de l’administration pénitentiaire.
« Vous ne le briserez pas, et vous ne nous briserez pas », affirme-t-elle, avant de rappeler que « le pouvoir ne consiste pas à brutaliser un prisonnier ».
Mahbouba Saï Tlili appelle enfin la Ligue tunisienne des droits de l’Homme, le barreau et les autres organisations engagées dans la défense des droits humains à intervenir pour dénoncer ce qu’elle considère comme de mauvais traitements infligés à son frère en détention.
Ayachi Hammami est poursuivi dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », dans laquelle il avait assuré la défense de plusieurs opposants et militants. Arrêté en décembre 2025, il purge actuellement une peine de cinq ans de prison dans le cadre de cette affaire.

S.H










