L’économiste Aram Belhadj a pointé, mercredi 21 octobre 2026, les insuffisances du projet de loi de finances 2027 en matière de gestion des ressources hydriques et de modernisation des réseaux d’eau et d’électricité. Il a estimé que les mesures prévues ne permettaient pas de répondre aux difficultés rencontrées durant l’été 2026, marqué par des coupures récurrentes d’eau et d’électricité en pleine canicule.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Aram Belhadj, docteur en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’Université de Carthage, est revenu sur les difficultés de l’été dernier et leurs lourdes répercussions économiques et sociales.
Durant toute la saison estivale, les coupures répétées d’eau potable et d’électricité avaient considérablement perturbé le quotidien des citoyens, particulièrement lors des épisodes de fortes chaleurs. Des ménages avaient été privés d’eau pendant de longues heures, parfois plusieurs jours, tandis que les interruptions de courant avaient également affecté de nombreux professionnels et activités économiques. Ces perturbations, survenues en pleine canicule, avaient suscité de nombreuses plaintes et provoqué des situations particulièrement difficiles pour les habitants comme pour les professionnels.
Un diagnostic reconnu, mais des mesures jugées insuffisantes
Aram Belhadj a rappelé avoir proposé plusieurs mesures destinées à atténuer ces difficultés et qui auraient pu être intégrées au projet de Loi de finances 2027.
Après examen du projet de loi de finances et du budget économique pour 2027, l’économiste a constaté que les autorités avaient reconnu l’ampleur du problème sans prévoir, à ses yeux, les instruments nécessaires pour y remédier.
Il a relevé que le budget économique qualifiait la crise de l’eau de l’été 2026 de « sans précédent », reconnaissant notamment les perturbations provoquées par les coupures d’électricité sur le fonctionnement des pompes à eau, ainsi que les pertes importantes liées à la vétusté des réseaux.
Toutefois, malgré les investissements programmés, il a regretté que le projet de Loi de finances ne mentionne ni la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) ni la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Sonede).
Il a également souligné que le mécanisme proposé pour l’apurement des dettes croisées concernait d’autres entreprises publiques, notamment la SNCFT et la Transtu.
Des propositions non retenues et un risque d’aggravation
Aram Belhadj a déploré que sa proposition de réorienter une partie des subventions vers la modernisation des réseaux n’ait pas été retenue. Il a également jugé limité le recours envisagé aux partenariats public-privé.
L’économiste a, par ailleurs, relevé l’absence d’affectation spécifique de financements extérieurs concessionnels et de programme régional destiné à réduire les pertes d’eau dans les zones les plus vulnérables, citant notamment les gouvernorats du Kef et de Jendouba.
Il a ainsi mis en garde contre une aggravation des difficultés au cours de la période à venir si le projet de loi de finances n’était pas amendé avant son adoption.
« J’aurai fait mon devoir en tirant la sonnette d’alarme ! », a-t-il conclu.

M.B.Z










