La justice militaire tunisienne a condamné la présidente du parti Troisième République, Olfa Hamdi à quatre ans de prison dans deux affaires, notamment pour « complot contre la sûreté de l’État » et incitation des militaires à la désobéissance. L’ancienne PDG de Tunisair, qui critique ouvertement le président de la République, Kaïs Saïed, est détenue depuis février 2026.
L’information a été annoncée mercredi 21 octobre 2026 par son avocat, Akram Moussa, à l’Agence France-Presse (AFP). Selon ce dernier, les deux condamnations portent sur une peine totale de quatre ans d’emprisonnement.
Les poursuites concernent notamment des publications attribuées à Olfa Hamdi sur sa page Facebook, dans lesquelles elle critiquait le chef de l’État et l’armée. Parmi les accusations retenues figurent l’incitation des militaires à la désobéissance et le complot contre la sûreté de l’État.
Olfa Hamdi faisait l’objet de trois affaires judiciaires. Elle avait déjà été condamnée à deux ans de prison par la justice militaire, une décision qui n’avait pas été rendue publique avant les informations rapportées mercredi par l’AFP.
Une opposante arrêtée à son retour en Tunisie
Âgée de 38 ans et détentrice des nationalités tunisienne et américaine, Olfa Hamdi a été arrêtée le 15 février 2026 à son arrivée à l’aéroport international de Tunis-Carthage. Elle est depuis maintenue en détention.
En juin dernier, la chambre d’accusation près la Cour d’appel de Tunis avait rejeté sa demande de remise en liberté et confirmé son renvoi devant la chambre criminelle du tribunal militaire permanent de Tunis.
La dirigeante politique s’est fait connaître par ses critiques répétées contre Kaïs Saïed et ses prises de position publiques sur la situation politique tunisienne. En 2022, elle a fondé le parti « La Troisième République », avec lequel elle entendait porter un projet politique alternatif.
Lors de l’élection présidentielle de 2024, elle avait tenté de se porter candidate à la magistrature suprême. Sa candidature avait toutefois été rejetée au motif qu’elle n’avait pas atteint l’âge minimum de 40 ans requis pour briguer la présidence.
Washington dit suivre la situation de près
La condamnation d’Olfa Hamdi concerne également les autorités américaines en raison de sa double nationalité.
Interrogé par l’AFP avant le prononcé de la décision, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que Washington était au courant des informations relatives aux poursuites engagées contre elle et suivait « la situation de près ».
« L’administration Trump n’a pas de priorité plus élevée que la sécurité des citoyens américains », a-t-il affirmé, sans fournir davantage de détails, invoquant des considérations liées à la protection de la vie privée.
Avant son engagement politique, Olfa Hamdi avait occupé les fonctions de PDG de Tunisair pendant environ six semaines, au début de l’année 2021. Sa nomination à la tête de la compagnie nationale avait pris fin dans un contexte de fortes tensions avec les syndicats et les autorités.
Sa condamnation intervient alors que les procédures judiciaires visant des opposants politiques continuent de retenir l’attention, notamment lorsque des juridictions militaires sont saisies de dossiers concernant des personnalités civiles. Dans le cas d’Olfa Hamdi, les accusations portent notamment sur des publications sur les réseaux sociaux.
BN avec AFP











Commentaire
Gg
Elle est encore en prison?
Il faut croire qu’elle avait ses chances comme Présidente…