L’opposant politique Ahmed Néjib Chebbi a adressé un message de remerciement à toutes les personnes qui lui ont témoigné leur solidarité depuis son incarcération. Dans un texte publié sur sa page Facebook, il appelle au rassemblement des défenseurs des libertés, au-delà des divergences idéologiques et politiques, estimant que la défense des droits fondamentaux constitue le socle indispensable à toute démocratie.
« La défense de la liberté de son adversaire est le test le plus sincère de la foi en la liberté », écrit-il, soulignant que nombre de ceux qui lui ont exprimé leur soutien ne partagent pas nécessairement ses idées ou ses choix politiques, certains s’y étant même opposés avec vigueur par le passé.
Pour Ahmed Néjib Chebbi, cette solidarité dépasse ainsi sa situation personnelle. Elle rappelle, selon lui, que les droits et les libertés sont indissociables et que tolérer la répression d’un adversaire politique revient à préparer le terrain à sa propre répression.
Évoquant la période que traverse la Tunisie, l’opposant dénonce une situation sombre et met en garde contre une conception de la démocratie qui exclurait une partie des citoyens. « Une démocratie qui exclut une catégorie de citoyens n’est pas une démocratie, mais une domination qui se déguise sous ses habits », affirme-t-il.
Un appel à l’union au-delà des divergences
Dans son message, Ahmed Néjib Chebbi plaide pour le rassemblement des forces attachées aux libertés, sans exiger pour autant un accord sur l’ensemble des questions politiques. Il estime que les Tunisiens doivent pouvoir se retrouver autour d’un socle commun : la liberté d’opinion, d’expression et d’organisation, l’indépendance de la justice, l’égalité devant la loi et l’alternance pacifique au pouvoir.
L’opposant appelle ainsi à privilégier une lutte pacifique menée sous une même bannière, en mettant provisoirement de côté les divergences légitimes afin de préserver un espace politique capable de les accueillir.
Les désaccords, souligne-t-il, pourront ensuite s’exprimer librement dans le cadre d’une compétition entre idées et programmes, à condition que les principes fondamentaux soient respectés.
« Le moment est à la lutte pacifique sous une seule bannière », écrit-il, estimant que la défense collective des libertés doit primer sur les différends politiques.
Malgré son incarcération, Ahmed Néjib Chebbi affirme rester fidèle à ses convictions et conserve sa confiance dans le peuple tunisien ainsi que dans sa capacité à retrouver sa liberté.
Une arrestation dans l’affaire dite de complot contre la sûreté de l’État
Figure historique de l’opposition tunisienne et président du Front de salut national, Ahmed Néjib Chebbi a été arrêté le 4 décembre 2025 à son domicile, afin d’exécuter une peine de douze ans de prison prononcée dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
Son arrestation s’inscrit dans une affaire ayant donné lieu à des poursuites et à des condamnations visant plusieurs figures de l’opposition. Ahmed Néjib Chebbi avait contesté cette procédure, dénonçant un dossier qu’il considère comme politiquement instrumentalisé.
Depuis son incarcération, son état et ses conditions de détention ont suscité des inquiétudes au sein de sa famille et de ses soutiens.
Le 1er octobre 2026, il avait entamé une grève de la faim pour protester contre les restrictions d’accès à l’information en prison, notamment aux médias indépendants. Sa famille avait alors dénoncé les limitations imposées aux détenus dans leur accès aux journaux, aux chaînes d’information et aux livres.
Après plusieurs jours de grève et des complications ayant nécessité des transferts à l’hôpital, l’opposant avait décidé de suspendre son mouvement le 7 octobre, à la suite d’engagements de l’administration pénitentiaire concernant le droit des détenus à accéder à une source d’information fiable.
Dans son nouveau message, Ahmed Néjib Chebbi ne revient pas directement sur cet épisode, mais réaffirme sa détermination à défendre ses convictions. « La prison ne changera rien à mes convictions », assure-t-il, avant de conclure sur sa confiance persistante dans le peuple tunisien et sa capacité à reconquérir sa liberté.

S.H












