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France : Bardella réélu à 98,98%, le Rassemblement national en ordre de bataille pour l’Élysée

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Photo par ALAIN JOCARD / AFP

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Par R.B.H avec AFP

    Jordan Bardella a été réélu, samedi 24 octobre 2026, à la présidence du Rassemblement national (RN) avec 98,98% des voix. Sans adversaire face à lui, le président du parti d’extrême droite affiche une unité de façade à quelques mois d’une présidentielle où Marine Le Pen apparaît en position de force. À Orléans, cette démonstration de force s’est déroulée sous haute surveillance, sur fond de mobilisation antifasciste et de tensions autour des discours anti-immigration.

    Le score ne laisse guère de place au suspense. Jordan Bardella a été réélu à la tête du Rassemblement national avec 98,98% des suffrages. Seul candidat à sa succession, il a recueilli 75.497 voix, contre 779 bulletins blancs, avec une participation proche de 68%.

    Une réélection sans surprise, mais à forte portée politique. À l’approche de la prochaine présidentielle française, le RN entend afficher un mouvement soudé, discipliné et prêt à conquérir le pouvoir. Et si Bardella dirige le parti, c’est bien Marine Le Pen qui reste au centre de la stratégie présidentielle.

    « Une fois de plus, je vais avoir besoin de vous […] pour conduire Marine Le Pen à l’Élysée », a lancé le président réélu à ses militants, donnant le ton de ce congrès. Le message est clair : Bardella consolide son autorité sur l’appareil partisan, tout en réaffirmant son rôle dans la campagne de celle qui demeure la figure centrale du mouvement.

    Une démonstration de force sous tension

    À la tribune, Jordan Bardella a vanté « l’unité » et la « fraternité militante » du RN, dénonçant ce qu’il considère comme des attaques injustifiées contre son parti. « Cette unité sera la clé de voûte de notre victoire », a-t-il affirmé, appelant ses troupes au « sang-froid » face à des adversaires politiques qu’il accuse de légitimer la violence.

    Cette mise en scène de la cohésion intervient après plusieurs semaines de turbulences, notamment des accusations liées à des écrits antisémites que Bardella réfute. Le congrès doit ainsi servir autant à mobiliser les militants qu’à montrer que les polémiques ne fragilisent pas la direction du parti.

    Le scrutin interne pour le Conseil national, sorte de parlement du RN, a également livré quelques indications sur les rapports de force. Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen, est arrivé en tête, suivi des vice-présidents sortants Louis Aliot et Sébastien Chenu. D’autres figures du mouvement ont été moins chaleureusement accueillies, tandis que Bardella a réservé vingt places supplémentaires à certains de ses proches.

    Derrière les applaudissements, l’exercice consiste donc aussi à mesurer les équilibres entre les différentes figures du parti et à préparer la bataille électorale.

    13.000 manifestants contre l’extrême droite

    Mais Orléans n’a pas été uniquement le théâtre de la consécration de Bardella. Avant l’ouverture du congrès, une manifestation antifasciste a rassemblé environ 13.000 personnes selon les autorités, et 26.000 selon les organisateurs. Le cortège s’est déroulé dans le calme, tandis que plusieurs centaines de militants se sont ensuite retrouvés dans un « village antifasciste » installé au centre de la ville.

    Des responsables de gauche ont dénoncé le climat raciste et islamophobe qu’ils attribuent au discours du RN. Parmi eux figuraient le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la députée écologiste Clémentine Autain et le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko.

    La mobilisation s’est déroulée dans un contexte particulièrement tendu, au lendemain d’une attaque meurtrière dans les Yvelines, près de Trappes. Un homme noir de nationalité française a été tué et cinq autres personnes blessées, dont une fillette toujours en urgence absolue, selon les informations rapportées par l’AFP. Le suspect est soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration.

    Le maire de Trappes, Ali Rabeh, présent dans le cortège, a établi un lien entre ce passage à l’acte présumé et les discours politiques visant sa commune. Il a notamment évoqué les propos de Bardella et de Marine Le Pen présentant Trappes comme « Kaboul » ou comme une « république islamiste ».

    Ces accusations illustrent la place prise par les questions d’immigration, d’identité et de religion dans le débat politique français, où le RN cherche à imposer ses thèmes au cœur de la campagne présidentielle.

    Une ville sous haute surveillance

    Les autorités ont déployé un dispositif de sécurité exceptionnel pour encadrer le congrès et prévenir d’éventuels affrontements. Près de 3.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, avec des véhicules blindés, des moyens de dispersion, des hélicoptères et des drones.

    Le maire d’Orléans a également annoncé un couvre-feu pour les mineurs de moins de 15 ans durant les deux nuits suivantes. Les transports publics ont été arrêtés et des restrictions ont été imposées aux manifestations dans une partie de l’agglomération.

    Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a estimé que l’événement constituait un avant-goût de la campagne à venir. Les autorités redoutaient que le rassemblement attire des militants radicaux de différents bords politiques.

    Cette tension autour du congrès révèle le climat dans lequel se prépare la prochaine présidentielle : une extrême droite renforcée dans les sondages, une opposition qui tente de mobiliser contre elle et un débat public où les questions migratoires continuent de polariser la société.

    Marine Le Pen en ligne de mire

    Dimanche, Marine Le Pen doit tenir son premier grand meeting de campagne au Co’Met, une enceinte d’une capacité de 10.000 places. Les sondages la placent largement en tête au premier tour et la donnent gagnante face à ses adversaires potentiels au second, selon les enquêtes évoquées par l’AFP.

    Le RN aborde ainsi cette séquence avec une double ambition : conforter son implantation politique et transformer son avance dans les intentions de vote en victoire électorale.

    Pour Bardella, la réélection quasi unanime est une consécration interne. Pour Marine Le Pen, elle constitue un point d’appui dans la course à l’Élysée. Reste à savoir si cette mécanique bien huilée résistera aux polémiques, à la contestation de rue et aux fractures d’une société française profondément divisée sur l’immigration et l’identité nationale.

    R.B.H avec AFP

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    Commentaire

    1. Gg

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      24 octobre 2026 | 18h41

      « Extrême drouaaate »
      Le jour où vous parlerez sur le même ton des partis de l’extrême gauche antisémite et islamiste, vous serez crédibles.

      « …manifestation anti fasciste… »
      Non, les fascistes avaient pour but principal l’avènement de la race pure, qui a conduit aux camps de concentration et à l’extermination des juifs (entre autres).
      Rien de tel au RN, mais on en trouve des relents dans les partis de gauche pro-hamas et pro-hezbollah qui ont pour but d’éradiquer Israël.
      Vos antifascistes ne sont en réalité que des d’authentiques racistes, violents, des casseurs, qui voient d’un mauvais oeil l’arrivée au pouvoir éventuelle d’un parti patriote à même de rétablir l’ordre républicain dans le pays.

      Etc… il y a bien d’autres remarques à faire.

      Bref, cet article n’est qu’un ramassis de poncifs populistes de gauche….

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