Les diplômés de l’enseignement supérieur au chômage ont organisé, mercredi 28 octobre 2026, un mouvement de protestation à Sidi Bouzid pour réclamer l’application de la loi 18 relative à leur recrutement dans la fonction publique. Ils dénoncent notamment l’absence de crédits budgétaires destinés à sa mise en œuvre, aussi bien dans le budget 2026 que dans le projet de budget 2027.
Le rassemblement, organisé sur la place Mohamed Bouazizi, a réuni des protestataires venus des différentes délégations de Sidi Bouzid ainsi que d’autres gouvernorats. Il s’est poursuivi par une marche vers le siège du gouvernorat, dans un climat de tension croissante.
Onze mois d’attente et aucun recrutement
Dans une déclaration accordée à Radio Karama FM, Zouhour Friji, secrétaire générale adjointe du bureau régional de l’Union des Diplômés Chômeurs (UDC) à Sidi Bouzid, a déploré l’absence de mesures concrètes pour appliquer la loi 18, près de onze mois après son adoption.
Selon elle, aucun décret d’application n’a encore été publié, la plateforme électronique destinée aux inscriptions n’est toujours pas opérationnelle et aucun recrutement n’a été engagé.
La responsable a particulièrement insisté sur la question du financement. « Nous n’avons constaté que des augmentations budgétaires au profit de certains conseils et ministères, tandis que la loi 18 s’est vu attribuer zéro crédit budgétaire », a-t-elle dénoncé.
Elle affirme qu’aucune enveloppe n’a été prévue dans le budget 2026, ni dans le projet de budget 2027, faisant craindre un nouveau report de l’application du texte.
« Onze mois après, nous nous demandons si cette loi a réellement été conçue pour être appliquée ou si elle est destinée à rester lettre morte », a-t-elle lancé.
Une mobilisation appelée à s’intensifier
Les manifestants réclament l’inscription des crédits nécessaires dans le budget 2027, la publication des textes réglementaires et l’ouverture des inscriptions. Ils demandent également aux ministères concernés de présenter un plan officiel précisant le nombre de bénéficiaires potentiels et les postes vacants disponibles dans l’administration.
Les protestataires ont appelé les autorités régionales à transmettre leurs revendications à la présidence de la République, prévenant qu’ils entendaient poursuivre leur mobilisation jusqu’à l’application effective de la loi.
« Nous restons déterminés à défendre notre droit à l’emploi, quel qu’en soit le prix », a conclu Zouhour Friji.
M.B.Z










